Digital : Quelle place pour les femmes en Martinique ?

Bonsoir à vous qui nous écoutez sur votre poste de radio, sur le site rci.fm, l’application RCI ou qui nous regardez en Facebook Live sur la page RCI Martinique. 

Bienvenue dans Les mercredis connectés, votre émission dédiée à l’actu du numérique et des tendances tech, que je co-anime avec Manuel Mondésir, directeur d’awitec bonsoir Manuel.

Ce mercredi 8 mars, dois-je le rappeler, c’est la journée internationale des droits des femmes. Au fil des décennies, les femmes ont conquis, de haute lutte souvent, leur place dans des domaines qui étaient chasse gardée des hommes. 

Qu’en est-il des métiers du digital ? 

Dans ces filières d’avant-garde, la parité est-elle au rendez-vous ?  

On en parle ce soir avec nos invités Manuel …   

 

En effet Katleen… avec nous en studio : 

  • Linda NIRENDA, entrepreneur dans le digital et membre du bureau des Bizness Mam, une association de mamans cheffes d’entreprises 
  • Amandine NÉGOTI, Déléguée générale de Martinique Digitale
  • Mélissa JUPITER, Fondatrice de Holymanebox et lauréate du Grand Prix Fanm Digital 2021 organisé par la CTM, 
  • et pour parler justement de l’édition 2023 de ce prix , nous recevrons également Satyam DORVILLE, Chef du service de la digitalisation de l’économie à la CTM et Axelle SAINT-ALBIN Chargée de mission à la Transformation Numérique à la CTM qui nous parlerons de la 4ème édition du Concours Fanm Dijital officiellement lancée aujourd’hui.  

Les mercredis connectés saison 1 épisode 22, c’est parti !

Durant l’émission nous avons traité les thématiques suivantes :

 

Mark Zuckerberg, Steve Jobs, Bill Gates, Elon Musk, ces supers stars du digital sont des hommes. Est à dire qu’il n’y a pas de femmes au top niveau dans les grandes entreprises numériques.

Jusqu’à tout récemment, la patronne monde de YouTube était une femme, IBM le géant de l’informatique a été dirigé pendant huit ans par une femme. Pour autant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données du collectif femmes numérique, seuls 30% des postes dans le digital sont occupés par des femmes et le nombre descend à 15% pour les postes à forte responsabilité.

Autres données édifiantes, toujours selon le collectif Femmes numérique, 8% des fondateurs de start-ups sont des femmes. Il reste donc du chemin à parcourir si l’on en croit en tout cas ces statistiques.

 Les proportions sont-elles les mêmes en Martinique ?

Au cours de cette première partie de l’émission, Linda NIRENDA mettra en lumière son parcours en tant que femme chef d’entreprise et mère de famille

Linda NIRENDA Bonsoir, vous êtes entrepreneur dans le digital, vous êtes aussi mère de famille et membre du bureau des Bizness Mam, une association qui réunit en Martinique ces femmes qui sont à la fois maman et chef d’entreprise.

On va d’abord parler de votre parcours de femme dans le digital.
Vous êtes, on l’a dit, entrepreneur dans ce secteur. Est-ce que vous pouvez nous parler de votre activité ? 

Oui, tout à fait. Si on devait parler de mon parcours, j’ai un parcours un peu atypique parce que je n’étais pas voué a forcément évolué dans le digital.

J’ai fait mes études dans la traduction anglais-français. Ensuite, je me suis dirigé vers le journalisme et ensuite, du coup, j’ai trouvé la voie du journalisme multimédia. 

Puis, quand je suis rentré à Paris, parce qu’il faut savoir que j’ai fait mes études au Canada et quand je suis rentré à Paris, je me suis dit mais euh, mince, c’est bouché. 

J’ai envie d’innover finalement dans la manière d’aborder le journalisme. 

Et c’est comme ça que j’ai commencé un petit peu à naviguer dans tout ce qui était éditoriale, internet également. 

Et puis du coup,  j’ai découvert des métiers qui n’existait pas à l’époque comme webmaster éditorial et de fil en aiguille, j’ai continué à finalement faire mon petit bout de chemin.

J’ai voulu aller plus loin. Aujourd’hui, je suis consultante formatrice dans le domaine des réseaux sociaux. Et j’ai développé la méthode Linda, qui permet justement d’accompagner des entreprises (TPE, PME) dans justement l’apprentissage et l’appréhension également des réseaux sociaux.

Alors justement, quand vous avez commencé à évoluer dans ce milieu, dans cet écosystème digital, est-ce que vous avez rencontré des obstacles en tant que femme ?

Est-ce que ce fameux plafond de verre présent dans certains secteurs d’activité existe aussi dans les filières digital ?

Alors je n’ai pas rencontré d’obstacles.

Je me suis mise, je pense, moi-même des obstacles. C’est à dire qu’à un moment donné, j’avais le choix de pouvoir être dans la technicité de mon métier, donc très simplement d’être développeur. Et j’ai plutôt choisi la partie communication éditoriale.
Je me sentais plus à l’aise et c’est vrai que j’ai peut-être douté à un moment donné dans mon parcours, dans ma capacité à pouvoir peut-être.

Aller vers cette technicité dans le métier.

Parce que vous étiez une femme justement ?

Parce que j’avais des doutes. 

C’est à dire que du coup, au-delà d’être une femme, il y a justement ce qui nous définit un petit peu. Et et c’est vrai qu’il y a l’autocensure et le syndrome de l’imposteur et peut-être qu’à ce moment là, il y avait déjà ces éléments qui étaient présents sans que je puisse mettre un droit et définir cela.

Et puis finalement, je me suis peut-être aussi auto-saboté. 

On m’a encouragé mais je me suis alors bizarrement aussi auto-encouragée il faut savoir que c’est vrai que je n’ai jamais été un petit peu dans les dans les catégories dite justement, préconçues on fait par exemple un BAC L, du coup, je suis forcément professeur.

J’ai toujours voulu aller un petit peu au-delà, et c’est vrai que c’est ma curiosité, mes compétences et mes qualités qui m’ont fait découvrir en fait ces métiers dans lesquels je suis.

Et je me suis tout simplement dit, pourquoi pas moi au final ?

Allons-y, regardons un petit peu, creusons et voyons si ce métier peut être fait pour moi.

Y a t-il aujourd’hui une entrepreneure, une femme, qui vous inspire et vous motive à aller plus loin dans vos projets ? 

Je pense, toute femme en tout cas dans le digital qui réussit, c’est à dire qui est bien représentée par son activité, qui vit aussi de son activité et toute femme du coup qui a été confronté à des challenges, qui a qui a été au-delà de ces challenges, ces obstacles et qui a réussi ?

C’est vrai qu’aujourd’hui, j’ai la double casquette d’être entrepreneur et maman. Donc forcément je vais aussi regarder ce type de femme qui réussit en étant aussi parent. 

Justement vous êtes membre actif dans cette association, à quelles problématiques s’attaquent du coup les Bizness Mam ?

Alors au-delà d’être membre actif, j’ai cofondé le réseau Bizness Mam et aujourd’hui le 8 mars, ça fera 7 ans, donc c’est notre anniversaire aussi. Ça fera 7 ans que le réseau existe.

Pourquoi on a créé l’association ? 

Déjà, ce sont 3 amis qui se sont rencontrés, qui ont créé l’association avec la problématique, les questions qu’on se posait, c’était  “est ce que en étant à mon compte, je peux aussi du coup être maman ? c’était vraiment la simple question de se dire ça.

Et puis on s’est demandé si d’autres personnes au-delà de nous, se posaient les mêmes questions.

Et de la, du coup est né le réseau Bizness Mam, mais on a commencé à 5 à 10 à 15.. Aujourd’hui, on atteint quasiment la cinquantaine d’adhérentes. 

Alors justement, parmi cette cinquantaine d’adhérents, est ce qu’il y a des femmes de votre association qui précisément oeuvrent dans le digital ?

Tout à fait, oui on a Stéphanie COTREBIL, qui a une structure qui s’appelle K’ribbean Fit et qui communique énormément sur les réseaux sociaux. Donc je pense qu’il y a vraiment une présence en ligne assez concrètes pour pouvoir justement communiquer sur son activité.

Mais il y a également Audrey Belleau, qui a créé sa marque Atenga qui est dans les cosmétiques et qui aussi se développe dans la communication digitale, qui a un site de commerce, qui a sa communication sur les réseaux sociaux. 

On a également Heltsy Arnaud qui a du coup sa société Cerise pays qui évolue du coup dans l’alimentation et qui a un site de commerce et qui communique également sur les réseaux sociaux.

Donc elles sont toutes membres du réseau. 

Dans cette seconde partie de notre échange, Mélissa JUPITER nous partagera à l’antenne son évolution professionnelle grâce au digital.

Pour mettre en avant les femmes dans le Digital, la Collectivité de Martinique a lancé il y a quelques années le concours “Fanm Digital” qui récompense les femmes qui s’illustrent dans ce domaine. 

Nous reviendrons tout à l’heure avec nos deux invités de la CTM sur la quatrième édition de ce concours fraîchement lancée aujourd’hui mais avant nous avons avec nous la lauréate du Grand Prix décerné dans le cadre de l’édition 2021 de ce concours.

Bonsoir Mélissa JUPITER, vous êtes la fondatrice de Holymanebox et lauréate du Grand Prix Fanm Digital 2021 de la CTM. 

Pouvez-vous rapidement nous présenter le projet “Holymanebox”

Oui tout à fait.

Alors je suis la fondatrice de l’holymanebox qui est une une box capillaire qui a pour vocation de mettre en avant les produits naturels pour l’entretien des cheveux dits texturés, donc crépus, bouclés, frisés, ondulés ou locksé. 

Et j’ai créé cette entreprise en 2020, nous sommes depuis quelques jours à notre 10 ème édition, 10 ème box lancée.

J’ai le plaisir, je suis très honoré de dire aussi que à travers cette box, nous travaillons avec de nombreuses femmes très talentueuses et nous sommes sur une 10 ème box, toujours avec des créatrices de cosmétiques qui sont des femmes. 

Mélissa, pourquoi avez-vous choisi de candidater à ce concours “Fanm Digital” ?

Est-ce que vous pensez qu’il faut saluer, développer ce genre d’initiative ?

Complètement, alors moi, j’étais dans une phase effectivement, où je voyais que le concept de box plaisait. Mais je n’avais pas eu encore de retour de professionnels ou de personnes vraiment voilà qui avait des connaissances un peu plus élevé.

J’avais juste les retours de mes clients et je me suis dit, quand j’ai lu le descriptif, finalement du concours, je me suis reconnu dedans et j’ai trouvé ça vraiment très, très honorable aussi de d’avoir ce type d’initiative en fait qui soient là pour les femmes martiniquaises qui entreprennent et d’autant plus dans le digital.

Donc je me suis vraiment reconnu, et je me suis dit que je n’avais rien à perdre, que ça allait être une belle expérience. Et j’ai sauté le pas en m’inscrivant.

Votre projet repose en grande partie sur le digital, expliquez-nous de quelle manière exactement ? 

Oui, alors Holymane boxe principalement se base sur un site e-commerce donc à travers ce site nous mettons en avant les différentes box à chaque édition.

Et nous proposons également un système d’abonnement, ce qui est assez innovant sur l’île puisque c’est vrai qu’il existe dans l’hexagone des concepts similaires avec des abonnements finalement qui ne sont pas téléphonique mais qui sont plus liés à la beauté et la cosmétique et et du coup l’innovation d’holymane box vient de là.

Nous avons un abonnement qui est trimestrielle et nos clients peuvent s’abonner, recevoir de manière automatique à la maison une nouvelle box tous les 3 mois. 

Donc ça, c’est la base de notre activité. Et nous avons aussi décidé d’aller quand même à la rencontre des clientes martiniquaise en participant assez régulièrement à des événements physiques, des pop-ups stores, des boutiques éphémères.

Est-ce que vous avez senti à un moment donné soit au niveau des prestataires ou des partenaires, des doutes par rapport à vos compétences par rapport au fait que vous soyez, une femme ?

Alors je pense que j’ai eu la chance de ne pas sentir vraiment de frein par rapport au fait que je sois une femme et je pense tout simplement parce que je me suis adressée à des femmes principalement.

Donc c’est vrai que je pense que cette sororité aussi ressort, c’est à dire que quand on vient avec un projet qui est bien pensé, avec des valeurs partagées aussi, on a plus facilement un oui, des marques. 

Le fait que je sois une femme dans le digital a été en ma faveur, en tout cas pour la boxe.

Merci beaucoup pour ce témoignage.

Dans cette partie, Satyam Dorville et Axelle SAINT-ALBIN nous partagerons les coulisses de la 4 ème édition du concours Fanm Digital.

Alors justement, la 4 ème édition du concours Fanm Digital a été officiellement lancée en ce mercredi 8 mars par la Collectivité territoriale de Martinique.

Le dépôt des candidatures commencera un peu plus tard. 

On va le voir dans un instant puisque nous avons avec nous ceux qui pilotent ce projet à la CTM, Satyam Dorville, chef du service de la digitalisation de l’économie à la collectivité, et Axelle SAINT-ALBIN, qui est chargé de mission à la transformation numérique.

Quelle est l’ambition exacte de ce concours ? 

Alors ce concours, déjà il a 4 ans, il y a 3 éditions qui sont passées. et l’ambition, c’est de réinvestir ce qu’on a appris, les apprentissages pour aller plus loin dans l’action.

On a eu, on a presque une centaine de femmes entrepreneurs qui ont été e sélectionnés au cours de ses différentes éditions. Et donc du coup, on a appris des choses et on a essayé d’approfondir l’action parce qu’on est vraiment sur une problématique qui est profonde, qui est insidieuse, parce qu’elle vise surtout les représentations de genre.

Donc souvent, quand on demande à une femme est ce que vous avez été directement victime de choses factuelles en tant qu’entrepreneurs, elles vont vous dire non mais souvent ça vient de l’image, des représentations qu’on a de la femme. 

Et même, instauré dans l’esprit humain depuis qu’elles sont toutes petites.

Et euh voilà, donc il faut savoir que les lycéennes en France sont 50% à se dire être intéressés par le digital. 

Et pourtant elles se retrouvent dans les filières que pour 30%, parce que derrière les parents, la société, au final les découragent d’aller vers ces filières qui recrutent plus, qui payent plus et qui sont les filières d’avenir.

Et donc du coup, ça a un impact direct sur le chômage, parce qu’elles se retrouvent dans des filières qui sont bouchées. Et donc voilà, on a la même chose en Martinique qu’en France ou dans le monde.

La CTM s’est attaquée à ça depuis ces 3 années, et on veut aller plus loin. 

Donc on a décliné cette année le concours en 3 phases qui vont vraiment adressées le problème sur différents aspects.

Axelle SAINT-ALBIN  plusieurs catégories dans ce concours , avec des nouveautés cette année , liés aux enseignements des précédentes éditions. Pouvez-vous nous en parler ?

Alors effectivement, j’ai piloté les éditions précédentes. On va rappeler rapidement les catégories qui n’ont pas forcément changé mais qui vont évoluer. 

Donc ça, on en parlera, effectivement, lorsqu’on sera vraiment ouvert, nous réservons la surprise aux futures candidates.

L’idée, c’est qu’on garde quand même le Grand Prix, on garde le prix coup de coeur et puis le prix pépite va évoluer aussi, je rappelle que le prix pépite, c’était vraiment adressée aux étudiantes. Aujourd’hui, on va s’adresser à une autre cible et là aussi, je vais vous laisser découvrir sous peu de quoi il s’agit.

Pour qui ? Comment on s’inscrit ?

Pour l’instant, on a une pré-phase qui est une phase de “si effectivement je suis intéressée, je souhaite être vraiment contacté lorsque le concours sera lancé”.  

Donc à l’ouverture officielle, on donnera bien entendu la date par la suite.

Sur notre site internet il y a un lien sur lequel vous pouvez vous inscrire qui vous notifiera lorsque le lancement du concours sera effectif.

Voilà, c’est un peu la transformation digitale, un axe de réflexion qui est très fort de se dire que l’on s’adresse aux femmes entrepreneurs. Mais on veut aller plus loin. Tous les salariés qui ont mené, qui mènent des initiatives digitales on a envie de s’y intéresser aussi. On a envie de les inclure. 

Le concours a vraiment porté ses fruits, mais on veut, on veut vraiment grossir la communauté, en faire une vraie communauté de femmes entrepreneurs, avec des valeurs notamment de partage, avec des valeurs de performance aussi. 

Et voilà, donc effectivement, l’élargissement non au-delà de l’entrepreneur est une piste de réflexion, qui est vraiment menées pour comprendre la démarche. C’est qu’on voulait vraiment se rattacher à la journée des droits de la femme cette année parce que le thème défini par l’ONU, c’est le digital et l’innovation.

Alors justement comment est structuré le service digital de la CTM en termes de collaboratrices féminines ? Quelle est leur place au sein de la collectivité ?

Alors au sein de la collectivité effectivement, on a quand même une majorité de femmes et d’hommes équilibrée quand je regarde l’ensemble des directions.

Mais pour parler de la nôtre, on a effectivement un pourcentage de femmes et d’hommes principalement équilibré, puisqu’on a quand même des services où effectivement, il y a plus de technicité. 

Je pense notamment à l’infrastructure où il y a pas mal d’hommes effectivement, puisqu’il faut aller sur le terrain etc. Mais je pense également à notre service, donc le service de la digitalisation. Effectivement, il y a plus de femmes qui accompagnent les entreprises, même s’il y a quand même des hommes.

Il y a quand même d’autres services, mais c’est plutôt des hommes et des femmes mélangés. Je pense que c’est vraiment en fonction du poste, dans les services qui s’occupent de transformation digitale.

C’est plutôt une bonne nouvelle. 

Merci beaucoup, donc on restera connecté pour suivre la sortie de la prochaine édion de “Fanm Digital”

Dans cette dernière partie de l’émission, Amandine NÉGOTI nous dévoile son parcours en tant que femme exerçant dans le milieu du digital

Amandine NÉGOTI  Bonsoir, vous êtes la déléguée générale de Martinique Digital. 

On en a déjà parlé dans les mercredis connectés dans les précédentes éditions. 

C’est un écosystème global qui réunit à la fois des associations, des start-ups et de grandes entreprises du numérique au service du développement de la filière et des activités numériques.

Donc c’est vrai que c’est intéressant parce que vous avez aussi une approche un peu globale et transversale. 

Parmi les membres de votre structure, y a-t-il une équité entre le nombre d’adhérents femmes et le nombre d’adhérents hommes ?

Pas du tout. Il n’y a absolument pas d’équité à ce jour, mon plus grand regret est qu’il y a majoritairement des hommes à Martinique Digitale.

C’est vrai que depuis un moment, on a plus de femmes et pas forcément parce qu’elles sont spécialisées dans les métiers de la tech, mais parce qu’on s’élargit à tout ce qu’il y a autour de la tech. 

Donc l’accompagnement, l’assistance à maîtrise d’ouvrage, c’est à dire en réalité tous les métiers d’ingénieur, cybersécurité, intelligence artificielle restent encore dominé par les hommes. 

Après tout ce qui est communication en général, communication digitale, on retrouve des femmes, mais les hommes sont encore majoritaires. 

Néanmoins, à la direction de Martinique Digitale, c’est l’équité de même à la French Tech.

Est-ce que les problématiques d’équité hommes / femmes font partie des sujets considérés par votre association ? Ya-t-il des initiatives en ce sens ? 

Alors oui, c’est un sujet très considéré, notamment par le fait que nous portions le label French Tech, nous avons une obligation d’équité par rapport à la French Tech.

Et c’est pour cela que nous avons mené des actions quand, par exemple, nous avons mis la table ronde, les femmes dans le numérique d’ailleurs petite annonce, nous allons lancer bientôt le programme Wommen starter qui a pour but d’intégrer entre 30 et 70 femmes dans le numérique et dans l’entrepreneuriat.

Donc oui, c’est un sujet qui me tient extrêmement à coeur. 

Vous-même, en plus d’être déléguée générale de Martinique Digitale, vous êtes entrepreneure. Pouvez-nous parler rapidement des projets que vous menez ? 

Super donc j’ai une application, enfin du moins une plateforme qui s’appelle “Dira” qui utilise l’intelligence artificielle pour mettre en relation entreprise et startups en Afrique francophone.

Et alors les défis, eh bien bon, c’est des défis qui ne vous parleront pas trop. 

J’ai des défis plutôt bancaire parce que les pays dans lesquels je suis ne sont pas forcément bancarisés, donc que j’ai des défis plutôt opérationnelles. 

Se faire payer sur un compte bancaire classique et ne pas aller faire les queues chez Western Union, qui sont des problématiques que les entrepreneurs martiniquais ne connaissent pas.

Et sinon, est ce que j’ai des problématiques en tant que femme ?

C’est souvent quelque chose qu’on me demande. 

Je dirais que, en tant que femme, je n’ai pas connu de problématiques. 

Mais en tant que jeune femme, j’ai connu plus de problématique parce qu’on est en tout cas dans le milieu de la tech et de l’entrepreneuriat africain et de la diaspora, on est confronté à des hommes très âgé entre 50 et 60 ans, avec une certaine expérience certain machisme de temps en temps. 

Donc je dirais que c’est le plus difficile est en tout cas si je devais donner tout de suite un conseil, il faut rester ferme de vouloir faire à sa façon.

Vous sur votre parcours, comment vous êtes arrivé dans les filières digital ?

Est-ce que vous aviez un profil très scientifique dès le départ ou pas ? 

Alors non, je n’ai pas du tout un profil scientifique, j’ai un profil 100% littéraire,

sciences sociales, langue arabe pas du tout le domaine.
Le numérique est arrivée dans ma vie par l’entrepreneuriat. 

Donc mes parents sont entrepreneurs, et en m’initiant à l’entrepreneuriat, quand je suis arrivé en France, eh bien j’ai pu approcher une start-up et ça a été tout un univers que j’ai découvert sur YouTube.

Les conférences, les masterclasses, je ne connaissais rien.

Voilà donc du coup,j’ai beaucoup appris en fait sur le tas et en faisant tout ce qui était API, Block chain bref, je ne connaissais pas et je suis devenue experte de ces sujets en faisant et en travaillant avec des doctorants.

J’incite clairement les femmes à s’intéresser au monde de la tech, de l’intelligence et des finances.

Selon vous, Amandine, qu’est-ce qui fait obstacle au fait que les femmes puissent s’intéresser un peu plus naturellement que les hommes peut-être à ces domaines-là ?

C’est une réponse qui serait politiquement incorrect mais le patriarcat est historique, parce que bon avant, ça fait pas très longtemps qu’on a des comptes bancaires, donc c’est tout. Oui, c’est donc c’est le même schéma que dans les autres filières d’activité. 

On maîtrise l’argent depuis pas très longtemps par rapport aux hommes. Donc ces sujets d’innovation sur l’argent, la tech nous paraissent moins accessibles de prime abord, et on se concentre sur des choses plus primaires pour nous en fait.

Merci beaucoup pour vos témoignages et vos interventions, on arrive déjà au terme de cette cette émission qui passe très vite.

Rendez-vous mercredi prochain pour de nouvelles thématiques sur l’actualité du numérique et des tendances tech.

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