Culture et patrimoine : Un coup de jeune grâce au digital ?

Bonsoir Rodrigue et bonsoir à vous qui nous écoutez sur votre poste de radio, sur le site rci.fm, l’application RCI ou qui nous regardez en Facebook Live sur la page RCI Martinique. 

Bienvenue dans Les mercredis connectés, votre émission dédiée à l’actu du numérique et des tendances tech, que je co-anime avec Manuel Mondésir, directeur d’awitec bonsoir Manuel.

La culture est en vedette ce samedi 13 mai partout en France et aussi en Martinique à travers la Nuit des Musées. À cette occasion, de nombreux établissements culturels ouvriront gratuitement leurs portes au public. 

Nous sommes aussi en mai, mois des mémoires, celles des abolitions de l’esclavage notamment. 

Du coup, ce soir, on a voulu voir comment le numérique offrait un coup de jeune  dans l’accès à la culture , à l’histoire, au patrimoine à travers quelques initiatives novatrices portées par nos invités Manuel …

En effet Katleen… avec nous en studio  : 

  • Grégory OUANA, fondateur de la maison d’édition jeunesse Yékrik
  • Mélody MOUTAMALLE, fondatrice de Limiè Kilti, 
  • Georges-Emmanuel ARNAUD, Fondateur de Cariality

Les mercredis connectés saison 1 épisode 30, c’est parti ! 

Durant l’émission nous avons traité les thématiques suivantes :

 

Dans cette première partie de l’émission, Grégory OUANA, met en lumière le concept novateur de sa maison d’édition qui vient rendre hommage à l’histoire ainsi que la culture antillaise.

Bonsoir Grégory OUANA, vous êtes le fondateur de la maison d’édition jeunesse Yékrik.  Pouvez-vous nous présenter votre structure et ce qui vous a poussé à la lancer ?

Donc ma structure, ce sont des magazines pour enfants dédié à la culture caribéenne. Ça fait 3 ans qu’on existe aujourd’hui. Au départ, on a commencé avec un unique magazine qui s’étendait, on va dire sur les âges entre 3 ans et 7 ans et rapidement, on a senti à nous une forme de limitation.

On sentait qu’on avait  besoin de parler à tous les âges. On s’est dit à force d’essayer de parler à tous les âges, on va finir par parler à personne et donc on a décidé de lancer un deuxième magazine et donc de créer une maison d’édition. Voilà, Yékrik il est donc passé de magazines à maison d’édition et de là, on a créé donc 2 nouveaux magazines qui sont “Debrouya” et “Toupiti” ici.

Donc, Toupiti pour les maternelles et Debrouya pour les élémentaires. 

Alors qu’est-ce qu’on retrouve à l’intérieur de ce magazine ? 

Pour Debrouya on est vraiment sur de la culture générale, au sens large. On va parler de musique, mais on va aussi parler d’animaux, de biodiversité, mais aussi on va parler d’histoire, notamment sur le dernier numéro qu’on sort où l’on parle du mois de mai, mois de mémoire. On est sous les héros, les guerriers de l’abolition de l’esclavage, ceux qui nous ont permis depuis nos terres Martinique et Guadeloupe aussi, de lutter au fil des siècles pour à un moment ou un autre obtenir la liberté. Et on parle d’eux justement à travers ce magazine. Donc c’est Debrouya, c’est de la culture G.

Et Toupiti, on est plus sur une histoire, voilà vraiment pour cette première saison, on est partis sur des proverbes qu’on connaît tous, notamment ici “mem bitin mem bagay”.
Là, on parle donc de ce qui nous sépare. Mais c’est aussi ce qui nous lie la Guadeloupe et la Martinique.

Donc on a un “Rakoun” et un “Manicou” qui se rencontre dans une forêt et qui ne se connaissent pas du tout.
Au départ, ça part en clash et puis finalement, ils réalisent qu’ils ont quand même pas mal de choses à partager.

On a raconté un peu tout ça, autour de ce proverbe. 

Aujourd’hui, vous travaillez essentiellement avec les écoles en Martinique et en Guadeloupe. Combien d’écoles adhèrent aujourd’hui à votre concept ? Qui s’abonne au final, les écoles ou les élèves ?

Aujourd’hui, en prenant en compte la Guadeloupe et la Martinique, on a plus de 200 écoles. Et, on va dire que ce sont les parents en réalité qui adhèrent.

L’idée c’est que l’école soit un partenaire de Yekrik qu’on soit un allié de l’établissement.

On fait vraiment un travail très poussé, sur le contenu, sur la qualité du créole qui est écrit sur la qualité du contenu qui est présenté.

Généralement je travaille seul, mais par moments, je travaille avec des prestataires. 

Les contenues et les histoires, c’est moi qui les écris.

Voilà, et par moments lorsqu’on, sait qu’on a autour de nous des personnes qui sont en plus grande capacité que nous de pouvoir le faire, on n’hésite pas à se rapprocher d’eux.

Notamment avec Mélodie, on a travaillé sur les bijoux créoles, on savait qu’elle avait fait un gros travail là-dessus, notamment sur son mémoire au moment de sa période universitaire. Et donc on n’a pas hésité à se rapprocher d’elle. Elle a accepté et on a pu bosser ensemble.

C’est un projet ambitieux. Qu’est ce qui vous a poussé à lancer un tel projet ?

Je crois qu’en fait, c’est parce que j’ai eu la chance d’être des deux pays.
En fait je suis guadeloupéen et martiniquais, j’ai grandi en Guadeloupe et ma mère est martiniquaise.

Mes parents se sont séparés très tôt donc j’ai été élevé comme en Martinique et en Guadeloupe, mais comme guadeloupéen malgré tout. 

Donc, je me sens vraiment profondément attaché aux deux îles un peu comme RCI quoi. 

Donc ma chance, c’est que le créole a toujours été dans mes deux familles quelque chose qui n’est pas tabou. J’ai toujours entendu cette langue-là. 

Elle n’a jamais été perçue comme quelque chose de péjoratif et donc elle a toujours été parlée. Et donc moi j’ai toujours parlé cette langue et au fur et à mesure des années, mais j’ai quand même pu constater un déclin cette langue, une non-présence. 

Et puis voir aussi qu’à travers les réseaux sociaux à travers internet que dans des pays comme Haïti, voir qu’au parlement, on parlait en créole, voir qu’à la télévision on parle créole au journal, on parle créole.

Tout ça m’a fait dire, qu’on peut faire quelque chose ici, clairement et donc j’ai commencé à y penser et la naissance de ma fille en 2015 a déclenché tout en fait.

Ça a été vraiment déclic. 

Je vivais en France à l’époque, ma fille est métisse, et là je me disais mais moi tout seul là-bas, comment je vais faire pour transmettre ma culture.

Comment je vais faire pour transmettre tout ça ? Je ne vais pas tous les samedis aller chercher une manifestation dans le coin pour emmener ma fille écoutez ma culture et donc je me suis dit, il faut quelque chose comme ça, un pomme d’api mais qui nous ressemble et donc ça fait son chemin.

Yékrik, c’est aussi un site web sur lequel on peut se rendre pour s’abonner au magazine de son choix. Pourquoi était-ce important pour vous d’offrir cette possibilité d’abonnement à vos lecteurs ?

Pour nous, c’était clairement vital. On a vite compris que s’il n’y a pas, l’abonnement, on ne pourrait pas vivre. Tout ça fait partie de notre modèle économique basé sur l’abonnement. 

Il n’y a pas de vente directe magazine uniquement sur abonnement avec la Fnac parce qu’ils ont beaucoup insisté. Donc on a dit OK.

Mais malgré tout, avec la Fnac, il n’y a pas la totalité. Parce que nous, on est une box pour “Debrouya” donc il y a un magazine. Il y a un passeport sur la biodiversité et une activité manuelle également. Donc c’est quand même 3 éléments physiques plus un accès à du contenu numérique. Mais ça, c’est accessible uniquement par abonnement.

Et donc pour nous, c’était vital, on est sur un petit marché de 800 000 habitants en prenant en compte la Guadeloupe et la Martinique. Mais évidemment, ce n’est pas tout le monde qui va aller sur ce marché-là et nos plus gros concurrents qui se situe en France on 130 000 abonnés et donc en partant de là on s’est dit comment on fait ?

En fait on n’aura jamais 130 000 abonnés et on ne peut pas être plus cher qu’eux parce que les Martiniquais et Guadeloupéens ont pris l’habitude d’avoir des prix français alors qu’on est sur une île et donc ils n’accepteront pas de payer tellement plus cher. 

Donc comment on fait et donc l’abonnement est arrivé comme une évidence.

Si on voulait vivre, il fallait qu’on soit un abonnement, voilà.

Par ailleurs, vous donnez la possibilité aux lecteurs, soit en scannant un QR code, soit en se rendant sur votre site web, d’écouter en ligne les contes. Est-ce une fonctionnalité qui est appréciée par les parents et par les enfants ? Pour quelle raison ?

 

Au départ, on s’est même demandé, ce qu’on allait faire du Print. 

Parce qu’on n’allait pas complètement faire du digital et vraiment, on a mis cette question-là de côté assez rapidement parce qu’on a trois enfants et on s’est rendu compte que ça nous plaisait.

Nous-mêmes aussi parents de toucher le papier, de tourner les pages et on ne voulait pas priver nos enfants de ça.

Et puis aussi, nous-mêmes, dans notre activité, dans notre vie quotidienne avec nos enfants, on essaie de les éloigner des écrans le plus possible et donc il fallait garder le PRINT mais malgré tout, on est en 2023 et donc le digital est là présent depuis une décennie maintenant, voire même un peu plus.

Et donc il fallait faire avec et euh, on s’est dit les histoires qu’on retrouve dans “Debrouya”, mais pourquoi pas les proposer aussi en audio. Et ce qui a vraiment motivé ça, en fait, c’est la culture du conte. 

Voilà, nous le conte antillais est d’abord une histoire qu’on entend ce sont des onomatopées ce sont des arrêts, on recommence et tout ça on ressent cette énergie-là à travers l’audio et donc on écrivait nos histoires ok, mais il fallait qu’on puisse sentir l’énergie du conte dans l’écoute.

Pour mener à bien un projet comme celui-ci, cela demande d’avoir une équipe. Quelles sont les différentes personnes qui travaillent sur le projet ?  Comment faites-vous pour collaborer efficacement si vous n’êtes pas tous sur le même territoire ? Y a-t-il des outils digitaux que vous utilisez au quotidien pour rester organisés ? 

Avec nos collaborateurs, on va dire WhatsApp est le meilleur ami de tous.

Mais aussi certains outils Google comme drive, sur lequel on peut partager pas mal d’outils, pas mal de contenus, pas mal de documentation et plus on grandit, plus on a besoin de cet

outil, notamment.  Euh voilà, on a, on a des apprentis avec nous aujourd’hui, des stagiaires, on a notre directrice artistique qui est avec nous depuis le départ et donc pour faciliter les échanges.

C’est vraiment quelqu’un avec qui on travaille depuis le départ, elle nous a donné un gros love parce que dès le départ, elle a quasiment rien pris et elle a travaillé avec la même ferveur aujourd’hui. Et voilà, on la remercie encore.

Envisagez-vous que le digital prenne une place encore plus importante dans votre projet ? Quelles sont les innovations que vous envisagez ? 

Oui, tout à fait, il y a même une frustration en vérité, on est on est sur un marché qui est naissant dans la littérature jeunesse, elle a presque toujours existé mais voilà, on trouve aujourd’hui des livres autour des Antilles autour du créole. 

Mais ce n’est pas ultra-développé et on trouve généralement les mêmes livres.
Au bout de dix ans, on trouve les mêmes livres. Et donc nous, on arrive avec quelque chose où tous les mois, pendant une saison de 8 mois, on propose du nouveau et en fait, ça chamboule.

En fait, la chose, c’est innovant constamment. On a de nouveau dessinateur, on va bientôt, à partir de la saison prochaine, avoir de nouveaux auteurs.
Ce ne sera pas que moi qui vais écrire des histoires et donc on va chambouler un peu la chose. Au départ, mon envie, c’était que dans le contenu numérique, qu’on puisse au-delà de trouver du compte, qu’on puisse aussi entendre des contenus autour des animaux, des animaux de la Caraïbe autour aussi des comptines pour enfants en créole.

Et je travaille beaucoup sur ça, beaucoup sur ça m’épuise et donc de ralentir.
Et je me dis que là en fait maintenant qu’on a une équipe qui s’adosse à nous, on peut peut-être repartir sur ses projets et avec de la qualité en plus, pas du bricolage, vraiment de la qualité et travailler avec des jeunes gens qui sont issus de certains lycées et de certaines structures et est proposé vraiment de la qualité.

Dans cette seconde partie de l’émission, Mélody MOUTAMALLE nous partagera au micro de Katleen BILAS COPPET et de Manuel MONDESIR, ces motivations à utiliser le digital dans le cadre de la culture 

Mélody MOUTAMALLE, vous vous attaquez au défi d’intéresser le plus grand nombre, notamment les plus jeunes, à l’histoire de la Martinique notamment grâce au Digital. 

Pouvez-vous vous présenter et nous présenter votre structure Limiè Kilti ? 

Je suis Mélody MOUTAMALLE, je suis médiatrice culturel et historique et j’ai monté il y a 4 ans, Limiè Kilti qui rassemble mes 2 passions, l’histoire de la Martinique et le digital.

En fait la mission première de LK, c’est de pouvoir digitaliser l’histoire de la Martinique et le rendre accessible à tous et à toutes aux petits et aux grands aussi et  à travers tout un écosystème qui est en train de se mettre en place, notamment le bloc culture, cléré aussi qui est la frise interactive chronologique.

Je fais avec en collaboration avec eux. Et puis euh, d’autres projets que je garde sous le feu et qu’il faudra juste se connecter à LK pour savoir. 

Alors qu’est-ce qui vous a poussé à vouloir finalement utiliser le digital comme levier pour diffuser de la culture de l’histoire de nos territoires ? 

Je suis un peu comme Grégory, ce qui m’a frappé c’est de voir autant d’archives numérisées par Gallica, par le Louvre et par d’autres structures en France et que nous malheureusement on n’a pas cette potentialité sans doute ou cette compétence pour pouvoir le faire (je parle des institutions culturelles).

Ça m’a poussé à vouloir le faire sur mes propres réseaux.

Donc bien sûr, j’ai débuté toute seule comme une âme en peine. Et puis, avec mes maigres connaissances en graphisme et après j’ai pris du galon et euh ça me fait énormément plaisir de partager toutes les trouvailles que je trouve, je prends à plaisir à retrouver aux archives territoriales quand je trouve quelque chose comme des dossiers de juifs qui étaient internés ou d’autres petites choses comme ça par rapport à ce que je ne cherche pas en fait, parce que c’est vrai que je suis très curieuse de nature.

Donc des fois, j’ai oublié ma recherche historique et je cherche autre chose parce que ça m’a attiré l’attention. Et en fait, je partage tout simplement tout ça. C’est vrai que c’est assez aussi fatigant, parce que quand on est toute seule, on a envie aussi de partager plein de choses. Mais c’est surtout le besoin qui se fait de plus en plus ressentir et c’est pour ça que j’ai répondu présente.

Je ne suis pas la première et j’espère ne pas être la dernière non plus.
Mais euh, c’est vraiment vivifiant de pouvoir partager cette passion. 

Qui fait appel à vos services aujourd’hui ? Quels sont les services ou les produits que vous proposez ? 

Oui, alors ce sont surtout les collectivités qui font appel à moi, les écoles aussi, les professionnels comme Grégory ou même comme Georges-Emmanuel aussi pour l’écriture, surtout basé sur l’histoire, sur toutes les recherches historiques, tout le monde peut faire appel à moi, dès bien sûr qu’on devise et qu’on paye, c’est surtout ça.

Mais je n’ai aucune limite dans la culture, dans l’histoire, dans le patrimoine, ça dépend bien sûr de l’ère parce que je ne suis pas spécialiste par exemple de l’époque moderne. Euh je peux faire appel à d’autres personnes qui le sont pour ne pas faire d’erreur historique. Moi c’est plutôt l’époque contemporaine et surtout les notions de mémoire, de patrimoine et de musées. C’est surtout sur ça ou je tente de me spécialiser.

Mais c’est vrai que je n’ai aucune limite et surtout dans la gestion de projet physique et digital puisque je peux gérer autant un projet digital qu’un projet physique ou les deux.

À quoi ressemble un atelier de médiation “culturelle”. Quelle place prend l’innovation dans cet atelier ? 

Alors c’est sur mesure, c’est vrai que je demande beaucoup de choses à mon client avant de pouvoir me lancer et euh ça peut passer par de la manipulation qui est déjà faite comme avec le carbet des sciences et leur mallette archéologique que moi j’apporte la touche vidéo la touche quizz.

Surtout pour les collégiens des quizz digitaux où on scanne quelque chose où on s’amuse aussi.
Pour les plus petits, ça va passer par des Lego qui sont en fait, faits sur mesure aussi.

Par aussi de la concrétisation de projets, euh je ne raconte pas l’histoire pour raconter l’histoire qu’on raconte. Lorsqu’on raconte une histoire il faut la faire vivre aussi. 

Et je demande très souvent aussi aux enfants de s’inscrire en fait dans l’histoire de la Martinique parce qu’ils sont, même s’ils n’ont pas le diplôme, ils sont historiens, historiennes à leur échelle, tout comme leurs grands-parents, leurs parents aussi.

Et euh, ils me racontent des petites anecdotes qu’ils ont entendu en fait part par leurs grands-parents et c’est ça en fait qui fait l’histoire.
Alors il y a, il y a les enfants, mais il y a surtout aussi les personnes qui sont en EPHAD, donc toutes les personnes qui sont éloignées de la culture avec qui je travaille aussi.

On s’inscrit dans l’histoire de la Martinique, on raconte des anecdotes et en fait on construit tout un parcours. Et à la fin, on a un diaporama, un livret de photos et en fait, ils sont un peu impressionnés de voir comment eux-mêmes peuvent écrire en fait une histoire, c’est surtout ça que je fais avec eux, c’est plaisant.

Vous parliez de la frise interactive tout à l’heure. Alors est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu plus ce que c’est, et si elle est encore accessible au grand public ?

Elle n’est pas encore accessible, on a la dure tâche avec ma stagiaire, on est en train de remplir cette longue frise puisqu’on n’a pas débuté en fait à l’époque de l’esclavage.

Je suis contre un peu cet arrêté chronologique pour moi la Martinique ce n’est pas l’histoire seulement de l’esclavage, c’est une histoire qui dure depuis 24 millions d’années depuis sa naissance géologiquement et jusqu’à 2020 à peu près où il y a eu le déboulonnage des statues, et là encore on est en train d’écrire l’histoire donc euh bon moi il fallait bien que je m’arrête quelque part.

Donc, j’ai choisi cette date mais elle est en cours et c’est surtout le Webmonster qui a fait un travail énorme sur le design de cette crise avec d’autres webmasters de ce collectif et qui a permis à ce beau projet de pouvoir voir le jour.

Et puis j’ai aussi un associé, Fabrice qui est aussi partenaire de ce projet et qui me donne une force incroyable parce que lui, c’est plutôt dans l’insertion professionnelle. 

Parce que cette frise a vocation de pouvoir bien sûr recruter les talents martiniquais, faire des partenariats avec des lycées, des collèges, mais aussi Parallèle 14 et d’autres en fait, euh, d’autres structures qui nous permettront de pouvoir voir ce talent.

Alors vous qui avez choisi le digital comme support, enfin le numérique comme support principal de votre activité. Donc vous nous l’avez dit, vous vous faites accompagner, vous êtes entourés de web développeurs. 

Est-ce que vous-même vous avez dû développer en chemin des compétences digitales pour pouvoir être autonome sur certaines choses ?

Oui, c’est surtout sur les réseaux sociaux. Alors moi je suis de la vieille école euh je suis une apprentie chercheuse, donc je suis très dans les archives. Je les connais un peu par cœur, mais quand c’était à l’univers du digital. Là, je me suis dit Ouah dans quoi je m’embarque ? Donc j’étais obligé bien sûr de me former sur Instagram, sur Facebook, sur Twitter, sur Tiktok, Pinterest, tous les réseaux sociaux et ce qui est bien avec moi.

Parce que je vais parler à la troisième personne, c’est que j’aime énormément apprendre, donc ça n’a pas été un frein pour moi l’apprentissage sur le digital au contraire. 

Et puis aussi euh, de pouvoir toucher du doigt un univers qui n’est pas encore tout à fait bien assis. Si je parle du marketing culturel, c’est parce que nous les marketeurs culturels, on crée le besoin et on crée l’offre à la fois.

Et ce n’est pas comme le marketing traditionnel qui répond en fait tout simplement à un besoin. 

Donc j’ai dû me former à ça, mais bien sûr mes compétences s’arrêtent au développement, aux créations de sites internet, etc… 

Donc j’ai vraiment toute une équipe derrière, c’est vraiment formidable. Et puis avoir des collaborateurs que je connais qui comme une famille pour moi, c’est une famille culturelle en fait Grégory  et Georges-Emmanuel, c’est vraiment faire appel à des personnes qui euh je sais l’expertise, je sais les compétences et si j’ai besoin d’eux et s’ils ont besoin de moi aussi également voilà, on s’appelle et on peut faire des projets ensemble.

Dans cette dernière section de notre émission, Georges-Emmanuel ARNAUD nous révélera comment le digital lui permet de mettre en valeur le patrimoine de la Martinique.

Alors justement, Georges-Emmanuel ARNAUD est avec nous.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer la mission de votre structure ? 

Bonsoir, la mission de ma structure consiste à sauvegarder le patrimoine et les faire vivre à travers des expériences immersives.

Donc c’est un résumé rapide.

On va essayer de creuser un petit peu.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’approcher la valorisation du patrimoine, de l’art et de la culture de cette façon ? 

J’ai une fille qui s’appelle Kenya, qui vit dans l’Oise, et un jour j’étais en train de faire le, les jumeaux numériques du site de mon travail.

C’est-à-dire qu’en mélangeant les différentes technologies de captation, je fais l’exact jumeau en numérique de n’importe quel patrimoine soit physique, matériel immatériel, vivant, sonore. Voilà en mettant les technologies les plus pointues de façon à avoir un double fidèle et parfaitement fidèle et reproductible de ce sujet.

On consulte en ligne, en réalité avec un casque de réalité virtuelle. 

Mais on peut le consulter aussi en réalité augmentée. 

On peut en faire un double numérique, un double physique. 

C’est-à-dire qu’une fois que ce patrimoine, imaginons les roches gravées de mon travail tout à coup, elles sont vandalisées.

On peut les reproduire fidèlement comme elles étaient au moment où j’ai fait cette captation.

Alors est ce que vous pouvez donc nous donner des exemples d’autres sujets que vous avez dupliqués grâce à la technologie ?

Principalement un peu d’archéologie, mais aussi de l’immatériel avec les danses.

Du coup, en ce moment, je suis en train de réunir toutes les technologies qu’il faut pour pouvoir sauver le bélè et sa pratique. En fait, c’est un peu comme disait Mélodie à un instant T, on est en capacité de sauver un objet, de sauver un objet physique ou immatériel.

Est-ce que c’est quelque chose qu’on le Grand public peut consulter ?

À travers une plateforme qui s’appelle Archéologie Caraïbes que j’ai créé, on peut consulter du mobilier archéologique en ligne, accompagnées de textes écrits par des archéologues. On est en train de sortir une série de podcasts.

Du coup, à destination des adultes et des enfants pour valoriser cette archéologie.

Et en fait, l’idée, c’est de pouvoir voir l’objet archéologique qui généralement se trouve dans un musée ou dans un fort ou cachés ou disparus ou dans un autre pays, de consulter à tout moment en ligne. 

Et du coup, aujourd’hui, qui fait appel à vous ?

Quelles sont les structures publiques ? 

Alors la direction des affaires culturelles parce que c’est elle qui est en charge de l’archéologie avec l’Inrap dans une certaine partie, la collectivité territoriale de la Martinique, il est particulier, j’espère bientôt.

Il y a eu tout un travail d’acculturation, parce qu’en fait, les termes utilisés sont assez spécifiques.

Ils viennent du monde du cinéma, du monde, des effets spéciaux et comment ils ont lentement coulé vers les musées. Et donc, du coup, c’est cette technologique que j’amène et que j’apporte comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée, la réalité mixte et la projection et des expériences immersives en général.

Je parle souvent de lieux de culture, que ce soient les musées, les écoles ou la maison et les publics. Du coup qui vont des personnes empêchées, que ce soient des gens dans les hôpitaux dans les prisons ou les personnes qui n’ont pas la mobilité en général.

Quelle est votre formation initiale ?

Moi, c’est l’image, j’ai fait 15 ans de retouche photos dans la haute couture, plusieurs voyages en Arabie saoudite et en Jordanie d’où cette appétence pour l’archéologie.

J’ai travaillé en fait sur l’art islamique et l’archéologie islamique il y a presque vingt ans maintenant.

Et voilà, je reviens à mes premiers métiers, tout ça et en fait, je voulais juste rajouter ce que je disais par rapport à ma fille. 

C’est que j’étais en train de faire ces doubles numériques et elle a commencé à pleurer parce que j’ai expliqué qu’ils vont s’abîmer, qu’ils vont disparaître. Elle m’a demandé comment les faire vivre plus longtemps.

Et du coup, je lui ai dit que voilà, je vais créer une société qui te permettra, peu importe l’endroit où tu es, peu importe qui on est et surtout notre grande diaspora martiniquaise de pouvoir avoir accès à cette culture de façon dématérialisée. 

Alors, justement, l’usage de cette technologie permet vraiment une exposition de notre culture et de notre patrimoine, à l’international et de face de façon à la vivre.

C’est très important ce que je disais Grégory tout à l’heure.
L’idée, c’est de pouvoir vivre l’expérience, en fait d’être dedans.

Je cherche à intégrer ces expériences des odeurs, des saveurs, de façon qu’on puisse être vraiment dans l’endroit et le vivre en fait.

On arrive, au terme de cette émission, on se quitte ici et à mercredi prochain pour échanger sur de nouveaux sujets concernant les actus du digital et des tendances technologiques.

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