Portraits d’agricultrices 2.0 en Martinique
Agriculture 2.0 en Martinique : quand le digital révolutionne les productions locales
De Bellefontaine à Rivière-Pilote, une nouvelle génération d’agricultrices réinvente le jardin créole, redonne confiance aux produits pays et prouve que innovation et tradition peuvent avancer main dans la main.
Léa CHARLES-DONATIEN, fondatrice Les Jardins de Nini, et Nahomy ARNAUD, co-fondatrice de CerisePeyi, nous révèlent comment elles ont dépoussiéré le secteur agricole avec une vision claire, des outils digitaux bien maîtrisés et un amour profond de leur territoire.
Découvrez comment ces pionnières de l’agriculture 2.0 transforment la façon de produire, distribuer et consommer local en Martinique.
Découvrez l’épisode sur Youtube :
- Les Jardins de Nini et Cerise Pays : deux projets, une même ambition
- L’agriculture durable : entre jardin créole et agroécologie
- La révolution digitale : vendre sans passer par le marché
- WhatsApp et relation client : deux approches différentes
- Le modèle par abonnement : stabiliser les revenus
- La logistique : le défi majeur de l’agriculture digitale
- La boutique physique : un showroom pour créer la confiance
- L’intelligence artificielle : un outil pour monter en compétences
- Les femmes, pionnières de l’agriculture 2.0
- L’agriculture 2.0, un modèle d’avenir pour la Martinique
Les Jardins de Nini et CerisePeyi : deux projets, une même ambition
Les Jardins de Nini : l’exploitation familiale devenue entreprise digitale
Léa CHARLES-DONATIEN incarne parfaitement cette nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles.
En 2020, en plein Covid, elle décide de quitter le Canada où elle travaillait pour revenir en Martinique et transformer l’exploitation familiale en véritable entreprise.
« J’étais au Canada, j’ai décidé de rentrer parce que j’en avais marre de travailler pour qui que ce soit. L’exploitation était déjà là, mais il n’y avait pas d’entreprise encore. Il n’y avait pas vraiment ce côté commercial. Je me suis dit, bon, je vais mettre à profit ce que j’ai appris pendant toutes mes études à l’étranger et tous les métiers dans lesquels j’étais. »
Cette décision audacieuse s’accompagne d’une stratégie résolument moderne : tout sera dématérialisé, accessible uniquement en ligne.
Les Jardins de Nini proposent ainsi des fruits, des légumes et des plantes via un site internet, avec des livraisons dans toute la Martinique, du mercredi au samedi, sur deux créneaux horaires au choix.
Mais Léa CHARLES-DONATIEN ne s’arrête pas là. Elle a créé une seconde entreprise, Jadin, entièrement dédiée aux services autour du jardin créole : installation de jardins chez les particuliers, dans les écoles, les sociétés, les entreprises et les collectivités.
Ce concept est né d’une demande croissante de clients et d’une association stratégique avec Dominique Voyer, cliente devenue partenaire.
CeriePeyi : de la nostalgie familiale à l’entrepreneuriat agricole
L’histoire de Nahomy ARNAUD et de sa sœur commence en région parisienne. Elles souhaitaient rentrer en Martinique, mais pour y faire quoi ? Un événement familial les ramène à leurs racines et à l’héritage de leurs grands-parents, agriculteurs de métier.
« Lors d’un brunch avec nos parents, on avait tout qui venait du jardin. Les œufs, les herbes, la citronelle pour faire le thé, tout venait sauf les tomates. C’est la seule chose que nous avons achetée, c’était la seule chose qui n’était pas bonne. On s’est dit que si on revient, c’est pas possible que ça soit comme ça, donc on va revenir, on va le faire nous-mêmes. »
Aujourd’hui, CerisePeyi développe deux activités complémentaires. La première, pour laquelle l’entreprise est la plus connue, concerne les paniers de fruits et légumes livrés partout en Martinique sous 24 à 48 heures, sans pesticides, sans chlordécone, sans produits phytosanitaires.
La seconde activité, moins connue mais très prometteuse, porte sur la transformation alimentaire. Cerise Pays a d’ailleurs remporté cette année le prix d’innovation du Parm avec ses steaks végétaux à base de farine de manioc, une reconnaissance majeure de leur approche innovante.
> Pour les entrepreneurs agricoles souhaitant structurer leur projet et intégrer les outils digitaux dans leur stratégie, la formation « Créer son entreprise dans une économie digitalisée » proposée par Awitec offre un cadre méthodologique pour préparer et consolider son activité dans le contexte actuel.
L’agriculture durable : entre jardin créole et agroécologie
Les deux projets s’inscrivent dans une démarche d’agriculture durable qui respecte l’environnement et valorise les savoir-faire ancestraux tout en les modernisant.
Le jardin créole : un savoir-faire ancestral réactualisé
Léa CHARLES-DONATIEN explique l’approche de sa famille :
« On n’utilise pas trop le terme permaculture parce que la permaculture c’est un peu le mot à la mode. Nous on reste encore sur un peu le jardin créole parce que c’était la façon de faire des anciens. On mélange un peu tous les savoir-faire mais on respecte en fait le rythme de la nature. »
Cette approche traditionnelle du jardin créole consiste à faire tourner les parcelles et les cultures selon les saisons, à respecter les cycles naturels et à cultiver de manière respectueuse de l’environnement. Le père de Léa perpétue ces techniques, bien que la main-d’œuvre nécessaire rende la démarche complexe à maintenir.
L’enjeu aujourd’hui est de pérenniser ce savoir-faire ancestral tout en l’adaptant aux contraintes économiques modernes. C’est précisément là que l’innovation prend tout son sens : utiliser les outils digitaux pour rendre ce modèle agricole viable économiquement.
Une charte stricte pour garantir la qualité et la traçabilité
Chez CerisePeyi, la qualité des produits est garantie par une charte rigoureuse appliquée aux agriculteurs partenaires. Nahomy ARNAUD détaille le processus de sélection :
« Il faut que ce soit des professionnels, pas des particuliers qui nous ramènent leurs produits, parce qu’on a besoin d’une traçabilité. Sur les terrains, on demande une attestation de sol pour prouver qu’il n’y a pas de chlordécone. Quand les producteurs viennent vers nous en disant qu’ils ont le label bio, on demande le certificat bio. »
Cette exigence de traçabilité est essentielle pour rassurer les consommateurs et garantir des produits sains. Pour les produits qui poussent dans la terre (dachine, patates douces), CerisePeyi exige même une analyse spécifique du produit lui-même, au-delà de l’analyse du sol.
Chez Jadin, l’installation des jardins créoles prend en compte la problématique du chlordécone.
Si le sol est contaminé, des solutions hors-sol sont mises en place pour éviter tout contact entre les racines et la terre polluée. Sinon, les plantations peuvent se faire en pleine terre, dans des bacs en plastique ou en pots, selon les préférences et la situation du client.
La transformation : valoriser pour éviter le gaspillage
La transformation des produits constitue un pilier essentiel du modèle économique de CerisePeyi. Nahomy ARNAUD explique cette stratégie :
« C’était essentiel pour notre modèle économique parce qu’avec le niveau des saisons, au niveau des produits, on a de moins en moins de produits. Trouver une bonne tomate locale en Martinique, ça relève du défi. Pour notre modèle économique, il était nécessaire d’avoir un autre support de chiffre d’affaires. »
La transformation permet de valoriser des produits qui ne sont pas parfaits esthétiquement mais restent excellents gustativement. Une belle goyave avec quelques coups de sucre se transforme ainsi en délicieux jus goyave-cannelle. Cette approche limite le gaspillage et diversifie les sources de revenus.
Mais CerisePeyi va plus loin avec sa gamme végétale à base de farine de manioc.
Élevée dans une famille vegan depuis plus de 30 ans, Nahomy ARNAUD porte une conviction forte sur l’alimentation de demain :
« On sait que la façon de se nourrir demain, c’est vraiment un enjeu. On sait qu’il n’y aura pas de viande pour tout le monde. Le but, nous, c’était pas juste de faire un substitut de viande, c’était de faire quelque chose de très bon, et qui, accessoirement, est en plus végétal. »
Cette innovation culinaire valorise un produit profondément ancré dans la culture martiniquaise tout en répondant aux enjeux alimentaires contemporains.
La révolution digitale : vendre sans passer par le marché
Le choix le plus radical et le plus innovant de ces deux entreprises concerne leur modèle de distribution. Toutes deux ont fait le pari du 100% digital, une décision audacieuse dans un secteur traditionnellement ancré dans la vente physique sur les marchés.
Un choix assumé dès l’origine
Pour Léa CHARLES-DONATIEN, la question ne s’est jamais posée :
« Ça n’a jamais été une option. Dès le début, sur le business plan, il n’y avait pas de physique. Ça n’a jamais été une option. Justement parce que j’ai vu ma mère galérer au marché, j’ai vu ma grand-mère, mes grands-parents galérer au marché. En calcul de rentabilité ou temps passé, pour moi, ce n’était pas logique d’aller faire les marchés. »
Son raisonnement est implacable : être physiquement présent sur un marché mobilise du temps qui pourrait être consacré à des activités plus rentables. Le digital offre une efficacité et une scalabilité impossibles à atteindre avec la vente traditionnelle.
S’inspirer des grandes marques internationales
La stratégie digitale de Léa s’inspire directement des géants du commerce en ligne :
« Pouvoir voyager, voir, par exemple, des marques comme Zara, H&M ou même Starbucks fonctionner, je me suis dit, on va prendre la façon de fonctionner de ces marques-là. Pour moi, je voulais vraiment que ça soit un site internet comme si c’était un H&M sauf qu’au lieu de mettre des t-shirts dans ton panier, tu mets des carottes. »
Cette approche vise à créer une expérience utilisateur fluide et intuitive, accessible à tous, y compris aux personnes âgées. Léa insiste sur la simplicité : elle compte parmi ses clients des personnes de 70 ans qui commandent sans difficulté sur le site.
L’amélioration continue du site internet est une priorité pour garantir la meilleure fluidité et facilité de compréhension possible.
Une présence massive sur les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux constituent le principal vecteur de notoriété et de relation client pour Les Jardins de Nini. Léa CHARLES-DONATIEN a développé une communauté impressionnante :
« Il ne faut pas oublier qu’on n’est pas que sur Instagram. Il y a TikTok, il y a YouTube. Donc toutes ces plateformes, je pense qu’on est à peu près à 400 000 followers en tout, sur toutes plateformes confondues. »
Cette présence digitale massive a été planifiée dès l’origine. Léa s’est positionnée elle-même comme ambassadrice de la marque, bien que sa stratégie soit de s’effacer progressivement pour que l’entreprise puisse vivre indépendamment de sa personne.
Cette exposition médiatique n’est cependant pas sans conséquences. Léa évoque la charge mentale, le stress et l’anxiété que génèrent 400 000 personnes qui suivent son quotidien. La gestion des messages, des questions et de la reconnaissance publique constitue un défi quotidien.
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WhatsApp et relation client : deux approches différentes
La relation client à l’ère digitale passe également par des canaux de communication instantanée comme WhatsApp. Sur ce sujet, Les Jardins de Nini et Cerise Pays ont adopté des stratégies radicalement différentes.
CerisePeyi : WhatsApp comme canal de proximité
Nahomy ARNAUD a fait le choix d’investir massivement WhatsApp :
« On a remarqué qu’en Martinique, la relation à WhatsApp était très poussée parce que ça crée une certaine proximité. Aujourd’hui, on communique essentiellement par WhatsApp avec nos clients. »
Cette stratégie s’est révélée très efficace. CerisePeyi gère aujourd’hui 9 à 10 groupes WhatsApp comptant chacun entre 900 et 1 000 clients, soit une communauté totale considérable.
Chaque semaine, les clients sont tenus informés des produits disponibles et peuvent passer leurs commandes directement via ce canal.
Nahomy ARNAUD a dû se former spécifiquement pour maîtriser ces outils. Elle a suivi une formation en projet digital afin d’acquérir les compétences nécessaires pour développer cette stratégie digitale.
Le succès de cette approche repose sur la proximité qu’elle crée avec les clients. Ceux-ci apprécient particulièrement de pouvoir envoyer un message et être rassurés sur leur commande ou sur la qualité des produits.
Les Jardins de Nini : WhatsApp limité au service client
Léa CHARLES-DONATIEN a fait le choix inverse. WhatsApp est disponible, mais uniquement pour les questions liées au service client : problèmes de commande, de livraison, questions sur les expéditions.
« La problématique, c’est que les gens pensent maintenant que je suis disponible 24h/24 ou docteur. Donc je me fais bombarder. Recevoir des photos d’endroits que je n’ai pas envie de voir à midi… Des longues questions ou des problèmes avec leurs plantes. »
Pour limiter cette sollicitation permanente, Léa a mis en place des systèmes automatisés : robots de chat, QR code pour les avis clients qui renvoient sur Google. L’objectif est de créer de la distance et des étapes entre le client et elle personnellement.
Cette différence d’approche illustre bien qu’il n’existe pas de modèle unique en matière de relation client digitale. Chaque entreprise doit trouver l’équilibre qui correspond à sa personnalité, ses ressources et sa stratégie.
Le modèle par abonnement : stabiliser les revenus
Au-delà des ventes ponctuelles, CerisePeyi a développé un système d’abonnements qui sécurise son modèle économique.
Une stratégie pensée dès l’origine
Nahomy ARNAUD explique la logique :
« Pour moi, ça fait partie du modèle et on l’avait pensé dès le début. On n’a pas pu le mettre en place tout de suite parce qu’il y a eu le Covid qui est passé par là. Mais c’était tout de suite sûr qu’on voulait pouvoir avoir une certaine stabilité de chiffre d’affaires. »
Cette stabilité passe par la création de systèmes qui permettent de prévoir les ventes et de limiter les pertes. L’abonnement offre précisément cette visibilité : savoir chaque semaine, tous les 15 jours ou tous les mois, combien de clients seront livrés.
Un socle stable pour le chiffre d’affaires
Grâce aux abonnements, Cerise Pays connaît son chiffre d’affaires minimum mensuel. Les commandes ponctuelles viennent ensuite s’ajouter comme un bonus de 10%, 15% ou 30% selon les périodes.
« On sait que par mois, on va avoir minimum X quantité de chiffre d’affaires. Et à partir de là, on peut avoir plus 10, plus 15, plus 30% de commandes pour les commandes à l’unité. Mais au moins, on est stable sur nos appuis. »
Cette approche permet également d’optimiser la gestion des stocks et de réduire le gaspillage, puisque l’entreprise sait à l’avance quelles quantités commander auprès de ses agriculteurs partenaires.
> Pour les entrepreneurs souhaitant structurer leur modèle économique et optimiser leur pilotage financier, la formation « Analyse financière augmentée : Pilotez vos indicateurs financiers avec Power BI et l’IA » d’awitec permet de concevoir et automatiser ses tableaux de bord.
La logistique : le défi majeur de l’agriculture digitale
La logistique constitue sans doute le défi le plus complexe pour ces entreprises agricoles entièrement digitalisées. Livrer des produits frais dans toute la Martinique nécessite une organisation millimétrée et des solutions innovantes.
Le casse-tête des expéditions
Pour Les Jardins de Nini, la logistique est devenue la plus grosse part du chiffre d’affaires, notamment avec les expéditions vers la France hexagonale. Léa CHARLES-DONATIEN est transparente sur cette réalité :
« Notre plus gros défi, c’est que ça devient la plus grosse part du chiffre d’affaires qui réside maintenant sur les expéditions. On ne vit pas grâce aux fruits et aux légumes, on ne vit pas non plus grâce aux clients martiniquais, c’est pas le Martiniquais qui nous fait vivre. »
Le problème majeur réside dans l’absence de solutions logistiques adaptées pour l’outre-mer. Les plugins d’expédition automatiques qui existent pour les entrepreneurs en France hexagonale ne fonctionnent tout simplement pas pour les territoires ultramarins.
« Quand moi je vais à la poste et qu’on me regarde et qu’on me dit on n’a pas de solution pour vous parce que personne ne fait ça, je suis en mode ok… »
Les défis techniques et administratifs
Concrètement, cela signifie que lors des périodes chargées, Léa doit traiter manuellement 50 commandes ou plus : noms, prénoms, adresses, numéros de téléphone, documents douaniers… Un travail fastidieux qui peut prendre plusieurs heures.
Elle a également été confrontée à des surprises désagréables, comme une facture de 1 400 euros parce que La Poste calculait en volume métrique au lieu du poids pour 76 colis envoyés. Un colis de 250 grammes se transformait ainsi en trois kilos pour le calcul du tarif.
Après trois ans d’expérimentation avec différents services (Colissimo, Chronopost), Léa a finalement trouvé une solution qu’elle préfère garder confidentielle pour préserver son avantage compétitif.
Le dernier kilomètre en Martinique
Pour les livraisons sur le territoire martiniquais, les défis sont différents mais tout aussi réels. Nahomy ARNAUD explique :
« Une très bonne connaissance du terrain pour les livraisons, parce que « à côté de la poubelle rouge derrière le chien qui hurle trois fois », c’est pas une adresse. »
Les outils comme Google Maps, Waze et WhatsApp aident considérablement à localiser les clients. Mais au-delà de la technologie, c’est la pédagogie avec les clients qui fait la différence. Il faut leur faire comprendre qu’une tournée ne peut pas être instantanée, qu’on ne peut pas être simultanément au Carbet à 10h et à Sainte-Anne à la même heure.
Heureusement, Nahomy ARNAUD note que les clients de CerisePeyi sont extrêmement compréhensifs, et que la communication en amont permet d’éviter les problèmes.
L’intelligence artificielle : un outil pour monter en compétences
Au-delà des outils de gestion et de communication, l’intelligence artificielle s’impose comme un levier pour développer ses connaissances et optimiser son activité.
La recherche approfondie : explorer en profondeur
Des outils comme ChatGPT proposent désormais des fonctionnalités de recherche approfondie qui permettent d’explorer exhaustivement un sujet. Cette fonction va chercher très profondément sur le web pour trouver toutes les ressources pertinentes sur une thématique donnée.
Par exemple, une recherche sur « innovation dans l’agriculture en Martinique, Guadeloupe et Guyane » peut prendre 10 à 15 minutes, pendant lesquelles l’IA consulte des dizaines de sources, évalue leur pertinence et synthétise l’information.
L’avantage majeur : cette recherche se fait en arrière-plan. On peut lancer plusieurs recherches approfondies simultanément et continuer à utiliser l’outil pour d’autres tâches. Une notification signale la fin du processus et la disponibilité du rapport complet.
Se former en continu sur les innovations
Pour des entrepreneurs agricoles comme Léa et Naomi, ces outils permettent de rester informées des dernières innovations dans leur secteur, de découvrir des techniques agricoles émergentes, de benchmarker les pratiques internationales ou de trouver des solutions à des problèmes spécifiques.
Cette veille permanente est essentielle pour rester compétitif et continuer à innover dans un secteur en pleine transformation.
Pour les professionnels souhaitant maîtriser ces outils d’IA et les intégrer dans leur quotidien, la formation « Gagnez 2 heures au quotidien avec l’IA » d’Awitec permet de découvrir comment utiliser l’intelligence artificielle pour améliorer son efficacité et la qualité de ses productions professionnelles.
Les femmes, pionnières de l’agriculture 2.0
Il est frappant de constater que cette révolution de l’agriculture digitale en Martinique est portée par des femmes. Léa CHARLES-DONATIEN et Naomi ARNAUD incarnent une génération qui réussit à concilier tradition agricole et innovation technologique.
Un héritage familial assumé et transformé
Toutes deux s’inscrivent dans une filiation agricole forte. Les grands-parents agriculteurs, les parents qui ont maintenu l’exploitation ou le jardin. Mais plutôt que de reproduire simplement le modèle ancestral, elles l’ont profondément transformé.
Elles ont conservé ce qui fait la force du jardin créole : le respect des saisons, la diversité des cultures, l’absence de pesticides, le lien à la terre. Mais elles y ont ajouté les outils du XXIe siècle : sites internet, réseaux sociaux, logistique optimisée, abonnements, transformation des produits.
Une vision entrepreneuriale moderne
Leur approche est résolument entrepreneuriale. Elles parlent de business plan, de modèle économique, de stratégie digitale, de chiffre d’affaires, de rentabilité. Elles se forment continuellement, s’inspirent des meilleures pratiques internationales et n’hésitent pas à investir dans des formations pour acquérir les compétences qui leur manquent.
Nahomy ARNAUD l’a explicitement mentionné :
« Pour cette stratégie-là, j’ai dû me former. J’ai fait une formation de projet digital parce que je n’avais pas les connaissances et les compétences pour pouvoir faire ça. »
Cette capacité à identifier ses lacunes et à investir dans son développement personnel est caractéristique de cette génération d’entrepreneurs.
Un impact qui dépasse leurs entreprises
Au-delà de leurs entreprises respectives, Léa et Naomi contribuent à changer l’image de l’agriculture en Martinique. Elles montrent qu’on peut être agricultrice, moderne, connectée, entrepreneure à succès et profondément ancrée dans son territoire.
Elles inspirent d’autres jeunes, notamment des femmes, à se lancer dans l’agriculture avec une vision renouvelée. Elles démontrent que ce secteur peut être rentable, innovant et épanouissant.
L‘agriculture 2.0, un modèle d’avenir pour la Martinique
L’aventure Les Jardins de Nini et de CerisePeyi démontre qu’il est possible de réinventer l’agriculture martiniquaise en alliant tradition et modernité, terroir et technologie, local et digital.
Ces deux entreprises prouvent que l’agriculture peut être un secteur d’innovation, d’entrepreneuriat et de création de valeur. Elles montrent qu’il n’est pas nécessaire de choisir entre respect de l’environnement et rentabilité économique, entre savoir-faire ancestral et outils digitaux.
Les points clés à retenir :
- L’agriculture digitale permet de s’affranchir des contraintes de la vente physique sur les marchés
- Les réseaux sociaux et le site internet deviennent les principaux canaux de notoriété et de vente
- La traçabilité et la qualité des produits sont garanties par des chartes strictes
- La transformation des produits permet de diversifier les revenus et de limiter le gaspillage
- Les abonnements offrent une stabilité de chiffre d’affaires essentielle à la pérennité du modèle
- La logistique constitue le défi majeur mais aussi une opportunité de différenciation
- L’intelligence artificielle aide à monter en compétences et à optimiser les processus
- Les femmes sont en première ligne de cette révolution agricole
- Le jardin créole et l’agroécologie sont compatibles avec un modèle économique moderne
La transformation digitale de l’agriculture n’est pas qu’une question d’outils technologiques. C’est avant tout une question de vision, de formation, de résilience et d’audace.
Léa CHARLES-DONATIEN et Naomi ARNAUD incarnent parfaitement cette nouvelle génération d’agricultrices qui réinventent leur métier.
Elles redonnent confiance aux produits pays, valorisent le terroir martiniquais, créent de l’emploi local et démontrent que la Martinique peut être un territoire d’innovation agricole.
Pour accompagner cette transformation et développer les compétences nécessaires à l’agriculture 2.0, Awitec propose un catalogue complet de formations adaptées aux besoins des entrepreneurs et professionnels ultramarins.
Du marketing digital à l’utilisation de l’intelligence artificielle, en passant par la gestion de projet et l’optimisation des processus, ces formations permettent aux acteurs locaux de développer leur expertise et de réussir leur transition digitale.
Comme le démontrent Les Jardins de Nini et CerisePeyi, l’agriculture martiniquaise a un avenir, à condition de savoir marier les racines avec les ailes, le jardin créole avec le site internet, la tradition avec l’innovation. C’est cette synthèse réussie qui fera des territoires ultramarins des modèles d’agriculture durable et digitale pour demain.
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