Véhicules Électriques : Tendances, Avantages et Inconvénients en Martinique
Mobilité électrique en Martinique : défis, opportunités et réalités de la transition énergétique
Pendant des années, le ronronnement du moteur thermique a rythmé nos déplacements.
Aujourd’hui, le silence d’un nouveau moteur commence à s’imposer : le moteur électrique.
La Martinique fait face à un double défi : accélérer sa transition énergétique tout en gérant les contraintes de l’insularité, de l’infrastructure de recharge et de gestion des batteries.
Le véhicule électrique est-il la solution miracle ou un nouveau défi technique et logistique ?
Frédéric LEBEL, Chef de vente de Mercedes-Benz véhicule particulier, et Luca NIEDDU, Chargé de mission à l’AVERE Martinique, nous éclairent sur ces enjeux majeurs.
Découvrez l’épisode sur Youtube :
- L’AVERE Martinique et Mercedes-Benz : deux acteurs clés de la mobilité durable
- Comprendre les différentes technologies de véhicules électrifiés
- L’autonomie : un faux débat en Martinique ?
- Le coût d’acquisition : un frein en voie de disparition
- L’infrastructure de recharge : où en est la Martinique ?
- Le mix énergétique martiniquais : un paradoxe à résoudre
- La maintenance et le service après-vente : rassurer les consommateurs
- Le recyclage des batteries : un enjeu environnemental crucial
- L’intelligence artificielle au service de la mobilité électrique
- L’avenir de la mobilité électrique en Martinique
- La Martinique peut-elle devenir un territoire modèle de la mobilité durable ?
L’AVERE Martinique et Mercedes-Benz : deux acteurs clés de la mobilité durable
L’AVERE Martinique : promouvoir la mobilité électrique dans les territoires insulaires
L’AVERE (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique) a créé son antenne martiniquaise en 2023.
Comme l’explique Luca NIEDDU, l’objectif est clair : faire la promotion et la sensibilisation autour de la mobilité durable, et plus particulièrement la mobilité électrique.
Dans un territoire insulaire comme la Martinique, cette mission prend une dimension particulière.
Il s’agit non seulement d’accompagner la transition énergétique, mais aussi de démystifier les véhicules électriques auprès du grand public et des entreprises, en tenant compte des spécificités locales.
Mercedes-Benz Socomar : leader sur le segment premium électrique
Frédéric LEBEL dirige l’équipe commerciale de la division véhicules particuliers chez Socomar, le distributeur Mercedes-Benz en Martinique.
Avec cinq collaborateurs commerciaux, un expert produit et du personnel administratif, son rôle consiste à promouvoir les trois déclinaisons de la marque : Mercedes, AMG et Mercedes EQ, la gamme électrique dédiée.
Au premier trimestre 2025, Mercedes-Benz est devenu leader des ventes de véhicules 100% électriques en Martinique sur le segment premium.
Cette performance s’explique par une stratégie claire du constructeur qui vise à électrifier l’ensemble de sa gamme d’ici 2026, mais aussi par un travail de formation approfondi des équipes commerciales pour adapter leur discours et accompagner efficacement les clients dans cette transition.
Comprendre les différentes technologies de véhicules électrifiés
Avant d’aborder les enjeux spécifiques à la Martinique, il est essentiel de clarifier les différentes catégories de véhicules électrifiés disponibles sur le marché.
Les trois grandes familles de véhicules électrifiés
Comme l’explique Luca NIEDDU, on distingue trois grandes familles :
Les véhicules 100% électriques : ils ne disposent que d’une motorisation électrique et doivent être rechargés sur une borne ou une prise dédiée. Leur autonomie varie généralement entre 300 et 500 km, avec des modèles atteignant désormais 800 km.
Les véhicules hybrides rechargeables : ils combinent une partie thermique et une partie électrique. La batterie doit être branchée pour être rechargée, offrant environ 80 km d’autonomie en mode électrique pur. Au-delà, le moteur thermique prend le relais.
Les véhicules à micro-hybridation : il s’agit de véhicules hybrides non rechargeables qui utilisent l’électricité principalement pour l’aide au démarrage et les trajets urbains, avec une récupération d’énergie au freinage.
L’état du marché en Martinique
Les chiffres du premier trimestre 2025 révèlent une tendance encourageante : les véhicules électrifiés représentent 41% des ventes de voitures neuves en Martinique.
Cependant, les véhicules 100% électriques ne constituent que 7% de ce total. Malgré cette part encore modeste, la croissance est réelle et constante.
Chez Mercedes-Benz, les chiffres sont encore plus révélateurs de cette dynamique. Frédéric LEBEL détaille le mix actuel :
« On a observé une augmentation de 28,3% des véhicules purement électriques d’une année à l’autre. Aujourd’hui, le mix c’est 36% de véhicules hybrides rechargeables, 30% de véhicules thermiques, 30% de véhicules à micro-hybridation et 26% de véhicules totalement électriques. »
Cette répartition témoigne d’une transition progressive mais significative. La marque est passée de 10% de ventes électriques il y a 3-4 ans à près de 26% aujourd’hui, soit un quasi-triplement.
L’autonomie : un faux débat en Martinique ?
L’une des principales inquiétudes exprimées par les potentiels acheteurs de véhicules électriques concerne l’autonomie. Cette préoccupation est-elle justifiée dans le contexte martiniquais ?
Les réalités des déplacements en Martinique
Luca NIEDDU apporte une réponse claire et rassurante :
« Il y a un adage que j’ai l’habitude de dire : la Martinique fait environ 23 km par jour, dont 20 km d’embouteillage. Il n’y a pas de difficulté au niveau autonomie. »
Cette affirmation s’appuie sur les caractéristiques géographiques de l’île et les habitudes de déplacement des Martiniquais.
Les distances quotidiennes moyennes sont largement inférieures aux capacités actuelles des véhicules électriques, qui ne sont plus les 130 km d’il y a dix ans, mais atteignent désormais près de 500 km, voire 800 km pour les modèles les plus récents.
De plus, contrairement aux idées reçues, le relief martiniquais n’est pas un obstacle majeur.
Luca NIEDDU précise que ce qui décharge le plus les batteries des véhicules électriques, c’est la haute vitesse, pas le relief.
Les montées et descentes fréquentes permettent même une meilleure récupération d’énergie.
Les technologies d’optimisation de l’autonomie
Les constructeurs développent des systèmes intelligents pour maximiser l’autonomie des véhicules. Frédéric LEBEL évoque l’Electric Intelligence de Mercedes-Benz :
« C’est un système qui, via la navigation, va proposer le trajet le plus optimal. Il y a des indicateurs qui permettent de savoir quel type de récupération utiliser via les palettes au volant. Le conducteur peut programmer un type de récupération pour optimiser son autonomie. »
Ce système utilise l’énergie de décélération ou de freinage pour recharger partiellement la batterie, une fonctionnalité particulièrement utile dans un territoire au relief varié comme la Martinique. Frédéric LEBEL ajoute :
« La Martinique est complètement adaptée aux véhicules électriques parce qu’on a des petits trajets, une topographie favorable, ce sont des véhicules qui sont plutôt réactifs et coupleux à basse vitesse. »
Le coût d’acquisition : un frein en voie de disparition
Le coût d’acquisition d’un véhicule électrique a longtemps été perçu comme un obstacle majeur, particulièrement en outre-mer. Cette perception évolue-t-elle ?
L’évolution des prix et des offres
Frédéric LEBEL reconnaît que cette perception était justifiée il y a quelques années, mais que la situation a considérablement évolué :
« Le développement de ces véhicules fait qu’en produisant plus, les constructeurs adaptent leurs tarifs. Chez Mercedes, il y a des offres qui sont complètement accessibles. On voit du grand public parce qu’on a accueilli surtout d’abord des professionnels. Et aujourd’hui, on voit de plus en plus de particuliers qui viennent se renseigner et acquérir ce type de véhicule. »
Le marché propose désormais des véhicules électriques à moins de 50 000 euros, rendant cette technologie accessible à un public plus large. Même sur le segment premium, les offres se diversifient et deviennent plus compétitives.
L’équation économique favorable
Au-delà du prix d’achat, l’équation économique globale penche en faveur de l’électrique. Frédéric LEBEL explique :
« Le consommateur est sensible à l’écologie mais il regarde l’équation économique, et elle est plutôt favorable à l’électrique. On peut diviser par 3 sa facture de carburant. Aujourd’hui on est entre 20 et 30 centimes du kilowattheure, là où on est facilement à 1,80€ sur les différents types de carburant. »
Cette réduction drastique des coûts d’utilisation compense progressivement le surcoût à l’achat, rendant le véhicule électrique économiquement attractif sur le moyen terme.
Les aides financières et fiscales
Pour accompagner cette transition, plusieurs dispositifs d’aides existent. Luca NIEDDU détaille le panorama actuel :
Pour les particuliers, le bonus écologique reste disponible, bien qu’il soit devenu plus complexe. Il est désormais soumis à des conditions de revenu, ne concerne que les véhicules de moins de 45 000 euros et est réservé aux véhicules européens (les marques asiatiques ne sont pas éligibles).
Pour les professionnels, les primes vont évoluer avec l’arrivée des C2E (Certificats d’Économie d’Énergie) qui remplaceront le bonus. S’ajoute à cela toute une stratégie d’amortissement fiscal intéressante pour les entreprises, notamment au niveau des batteries.
L’infrastructure de recharge : où en est la Martinique ?
La disponibilité et l’accessibilité des bornes de recharge constituent un élément clé du développement de la mobilité électrique. Quel est l’état du maillage en Martinique ?
Un réseau en développement adapté au parc actuel
Luca NIEDDU dresse un bilan plutôt positif :
« Pour l’instant, le maillage, par rapport au parc roulant de véhicules électriques et de véhicules rechargeables, est quand même assez intéressant. On est à peu près sur 90 points de charge publics, qui peuvent être dans des commerces ou sur des parkings. »
Au-delà des points de charge publics, les utilisateurs disposent de plusieurs options : la recharge à domicile, au travail, via des bornes dédiées ou des prises renforcées. Cette diversité de solutions permet de répondre aux différents besoins et situations.
Le rôle de l’AVERE Martinique dans ce déploiement reste principalement celui de la sensibilisation et de la participation aux initiatives du SMEM (Syndicat Mixte d’Électricité de la Martinique) et de la collectivité territoriale.
L’uniformisation de l’expérience utilisateur
Une préoccupation fréquente concerne l’interopérabilité des systèmes de recharge. Luca NIEDDU apporte une réponse rassurante :
« À partir du moment où il y a une borne, votre véhicule est compatible. Ce n’est pas possible d’arriver devant une borne et qu’elle soit réservée à un type de véhicule. »
L’évolution technologique va même plus loin. Grâce aux directives européennes et françaises, on s’oriente vers une technologie plug and play où les véhicules et les bornes seront intelligents.
Dans un délai de deux ans, l’utilisateur n’aura plus qu’à brancher son véhicule : le moyen de paiement sera intégré, la facturation automatique, simplifiant considérablement l’expérience.
Les solutions privées et les partenariats
Les concessionnaires comme Mercedes-Benz ne se contentent pas de vendre des véhicules ; ils accompagnent leurs clients dans l’ensemble de l’écosystème de la mobilité électrique. Frédéric LEBEL explique :
« On est en étroite relation avec une société qui s’appelle Easy Drive, qui installe des bornes publiques et qui développe une offre d’abonnements via une carte pour recharger sur leur réseau. Mercedes a aussi développé une offre qui s’appelle MB Charge qui permet, via un abonnement, de se recharger avec une facturation sur toutes les bornes publiques. »
Ces solutions permettent aux clients de combiner recharge à domicile et recharge publique selon leurs besoins et leur utilisation quotidienne.
Le mix énergétique martiniquais : un paradoxe à résoudre
Une question légitime se pose : dans un territoire où l’électricité provient en grande majorité d’énergies fossiles, rouler en électrique est-il vraiment écologique ?
Le bilan carbone : une situation en amélioration
Luca NIEDDU reconnaît la problématique tout en nuançant :
« Le bilan carbone va être moins intéressant que dans l’hexagone par rapport au mix énergétique. Actuellement on est à 75% d’énergie thermique sur l’électricité et 25% d’énergie renouvelable. Il faut savoir qu’il y a quelques années on était à 9% d’énergie renouvelable, donc ça s’améliore. »
Cette progression vers les énergies renouvelables est encourageante. Plus le mix énergétique s’améliorera, plus le bilan CO2 des véhicules électriques deviendra intéressant. La transition énergétique du parc de production électrique et celle du parc automobile sont donc intimement liées et se renforcent mutuellement.
L’argument de la qualité de l’air et de la santé publique
Au-delà du débat sur le CO2, Luca NIEDDU souligne un avantage indiscutable :
« Malgré tout, sur le plan de la santé, les véhicules électriques vont être une véritable alternative au niveau de la qualité de l’air, au niveau de toutes les microparticules émises par les gaz d’échappement. Même si le bilan CO2 global est moins intéressant que dans l’hexagone, il reste quand même plus intéressant qu’un véhicule thermique. »
La réduction de la pollution locale, particulièrement dans les zones urbaines congestionnées comme Fort-de-France, représente un bénéfice sanitaire immédiat et mesurable pour la population. Les émissions de particules fines, d’oxydes d’azote et autres polluants atmosphériques sont éliminées à la source.
La perception des consommateurs
Frédéric LEBEL observe que cette réflexion sur le mix énergétique reste anecdotique pour les consommateurs :
« En réalité, le consommateur est sensible à l’écologie mais il regarde l’équation économique, et l’équation économique est plutôt favorable à l’électrique. »
C’est donc davantage l’argument économique que l’argument écologique qui motive actuellement les achats de véhicules électriques en Martinique, même si la conscience environnementale joue un rôle complémentaire.
La maintenance et le service après-vente : rassurer les consommateurs
L’achat d’un véhicule électrique soulève des questions légitimes sur la maintenance, la réparation et la gestion des batteries. Comment les concessionnaires répondent-ils à ces préoccupations ?
La formation des techniciens : une obligation et une nécessité
Frédéric LEBEL souligne l’importance de la formation spécialisée :
« Il y a une obligation sur cette technologie d’avoir des techniciens dédiés, spécialisés. C’est une obligation du constructeur et le distributeur Socomar suit cette obligation. »
Cette spécialisation est essentielle pour garantir la sécurité et la qualité des interventions sur des systèmes électriques haute tension. Les techniciens doivent suivre des formations spécifiques et être habilités pour travailler sur ces véhicules.
Les contrats de service et garanties
Au-delà de la formation des équipes, les concessionnaires proposent des solutions pour rassurer les clients :
« Ce qui peut rassurer le consommateur, c’est qu’il y a des contrats-services, des extensions de garanties qui accompagnent la garantie de la batterie. Il y a des contrats d’entretien spécifiques qui vont prévoir la mise en œuvre et le financement de l’entretien et des réparations, sur des durées qui vont jusqu’à 6 ans en fonction du kilométrage. »
Ces offres permettent de sécuriser l’investissement et d’anticiper les coûts d’entretien sur plusieurs années, un élément rassurant pour les acheteurs, qu’ils soient particuliers ou professionnels.
L’entretien simplifié des véhicules électriques
Un avantage souvent méconnu du véhicule électrique réside dans sa simplicité mécanique. Moins de pièces en mouvement, pas de vidange, pas de système d’échappement complexe : l’entretien est généralement plus simple et moins coûteux qu’un véhicule thermique, un argument économique supplémentaire sur le long terme.
Le recyclage des batteries : un enjeu environnemental crucial
La question de la fin de vie des batteries lithium est au cœur des débats sur la durabilité de la mobilité électrique. Où en est la Martinique sur ce sujet ?
L’absence actuelle de filière locale
Luca NIEDDU est transparent sur la situation :
« Pour l’instant, il n’y a pas de filière de recyclage des batteries en Martinique. On s’en aide beaucoup plus vers le fait de les réexporter dans les usines où elles sont construites. Et là, par contre, on a un véritable très bon taux de recyclage qui peut monter jusqu’à 95%. »
Les batteries usagées sont donc renvoyées vers les sites de production, où les industriels ont développé des processus de recyclage performants permettant de récupérer la grande majorité des matériaux (lithium, cobalt, nickel, etc.) pour fabriquer de nouvelles batteries.
La seconde vie des batteries : une opportunité pour le territoire
Au-delà du recyclage, une approche prometteuse émerge : la réutilisation des batteries comme solution de stockage d’énergie. Luca NIEDDU détaille cette perspective :
« Il ne faut pas voir la fin de vie de la batterie dans le véhicule comme une fin en soi. Les batteries peuvent être réutilisées comme solution de stockage de l’énergie durable. On a un réel besoin de stockage d’énergie solaire en Martinique parce que le pic de production n’est pas là où on a le plus de consommation. »
Les batteries qui descendent en dessous de 70% de capacité ne sont plus optimales pour un usage automobile, mais restent parfaitement fonctionnelles pour du stockage stationnaire. Elles peuvent ainsi servir jusqu’à 19% de leur capacité initiale avant un recyclage final. Cette approche de seconde vie est déjà en phase d’expérimentation et vise à se démocratiser.
La responsabilité des constructeurs et concessionnaires
Frédéric LEBEL confirme l’engagement de Mercedes-Benz sur ce sujet :
« Le groupe réfléchit à ces solutions et nous en sommes effectivement au stade où les batteries doivent être renvoyées à l’usine qui a prévu des solutions de réutilisation, de réapplication sur différentes structures. »
Cette responsabilité étendue des producteurs est essentielle pour garantir une mobilité électrique véritablement durable, de la production à la fin de vie des composants.
L’intelligence artificielle au service de la mobilité électrique
La transformation de la mobilité ne se limite pas au passage du thermique à l’électrique. L’intelligence artificielle joue un rôle croissant dans l’optimisation des véhicules et dans la communication autour de cette technologie.
Les outils de génération d’images et de vidéos
Les concessionnaires et les marques utilisent désormais des outils d’IA pour créer des contenus marketing de haute qualité. Google propose par exemple Imagen 3 pour la génération d’images ultra-réalistes, et Veo 3.1 pour la création de vidéos de 8 secondes en haute qualité avec du son.
Ces technologies permettent de créer rapidement des visuels publicitaires contextualisés, de décliner un même véhicule dans différents environnements ou coloris, et de produire des vidéos promotionnelles sans mobiliser de moyens de production lourds.
L’IA pour la personnalisation de l’expérience client
Au-delà du marketing, l’IA s’intègre dans les véhicules eux-mêmes pour optimiser la gestion de l’énergie, suggérer les meilleurs trajets, anticiper les besoins de recharge et personnaliser l’expérience de conduite.
Pour les professionnels souhaitant maîtriser ces nouvelles technologies et les intégrer dans leur stratégie, la formation « Gagnez 2 heures au quotidien avec l’IA » d’awitec permet de découvrir comment intégrer les usages professionnels de l’intelligence artificielle pour améliorer son efficacité et la qualité de ses productions.
L’avenir de la mobilité électrique en Martinique
Quelles perspectives pour les prochaines années ? Quels défis restent à relever pour accélérer la transition vers la mobilité électrique ?
L’amélioration continue de l’autonomie et des performances
Les constructeurs continuent d’investir massivement dans la R&D. Frédéric LEBEL évoque des véhicules atteignant 800 km d’autonomie qui arrivent prochainement sur le marché. Cette progression constante réduit progressivement les dernières réticences liées à l’anxiété d’autonomie.
Les technologies de recharge rapide évoluent également, permettant de récupérer plusieurs centaines de kilomètres en quelques minutes seulement, transformant l’expérience utilisateur.
Le développement des énergies renouvelables
L’amélioration du mix énergétique martiniquais est déterminante pour le bilan global de la mobilité électrique. Le passage de 9% à 25% d’énergies renouvelables en quelques années témoigne d’une dynamique positive qui doit s’accélérer.
Le couplage entre production solaire, stockage par batteries de seconde vie et recharge des véhicules pourrait créer un écosystème vertueux où chaque élément renforce les autres.
La démocratisation progressive
Le passage des professionnels aux particuliers, observé par Frédéric LEBEL, marque une étape importante. Lorsque le grand public s’approprie massivement cette technologie, un cercle vertueux se crée : baisse des prix, amélioration de l’infrastructure, développement des services annexes.
Les enjeux de formation et de sensibilisation
Le rôle de structures comme l’AVERE Martinique reste crucial pour accompagner cette transition. La sensibilisation, l’information sur les aides, l’accompagnement des collectivités et des acteurs économiques sont autant de leviers pour accélérer le mouvement.
La Martinique peut-elle devenir un territoire modèle de la mobilité durable ?
La mobilité électrique en Martinique n’est plus une utopie ou une simple tendance. C’est une réalité en pleine expansion, portée par des acteurs engagés comme l’AVERE Martinique et des concessionnaires comme Mercedes-Benz qui ont su adapter leur offre et leur discours aux spécificités du territoire.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 41% de véhicules électrifiés dans les ventes de voitures neuves, une croissance de près de 30% des véhicules 100% électriques pour certaines marques, un réseau de 90 points de charge publics qui continue de se développer.
Les points clés à retenir :
- La Martinique est parfaitement adaptée aux véhicules électriques : petites distances, trajets quotidiens moyens de 23 km, relief favorable à la récupération d’énergie
- L’autonomie n’est plus un frein avec des véhicules atteignant 500 à 800 km
- L’équation économique est favorable : division par 3 de la facture de carburant
- Les aides financières existent pour les particuliers et les professionnels
- L’infrastructure de recharge est adaptée au parc actuel et en développement
- Le bilan environnemental s’améliore avec la progression des énergies renouvelables dans le mix énergétique
- La maintenance est simplifiée et les techniciens sont formés
- Le recyclage et la seconde vie des batteries offrent des perspectives durables
Les défis restent néanmoins réels : accélérer la décarbonation de la production électrique, développer une filière locale de recyclage ou de réutilisation des batteries, continuer à densifier le réseau de recharge, et maintenir un effort constant de sensibilisation et de formation.
Comme le soulignent Frédéric LEBEL et Luca NIEDDU, la transition vers la mobilité électrique n’est pas qu’une question technologique. C’est une transformation globale qui implique les constructeurs, les concessionnaires, les collectivités, les producteurs d’énergie et, bien sûr, les citoyens.
La Martinique a tous les atouts pour devenir un territoire modèle de mobilité durable dans la Caraïbe. La petite taille de l’île, qui pourrait être perçue comme une contrainte, se révèle être un avantage pour expérimenter, déployer et optimiser un écosystème de mobilité électrique cohérent et efficient.
Pour accompagner cette transformation et développer les compétences nécessaires à la transition énergétique et digitale, Awitec propose un catalogue complet de formations adaptées aux besoins des entreprises et des professionnels ultramarins. De la gestion de projet à l’utilisation de l’intelligence artificielle, en passant par le marketing digital et l’optimisation des processus, ces formations permettent aux acteurs locaux de se positionner en leaders de la mobilité de demain.
Le silence du moteur électrique n’est pas celui de l’inaction, mais celui d’une révolution en marche, discrète mais déterminée, qui redessine progressivement le paysage de la mobilité en Martinique.
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