TikTok, YouTube, Instagram… Comment les réseaux sociaux se sont invités dans le business de la beauté ?

TikTok, YouTube, Instagram… Comment les réseaux et les médias sociaux ont-ils bouleversé le business de la mode et de la beauté… on en parle ce soir.

Alors que 25% des investissements publicitaires se font désormais sur les réseaux et médias sociaux, selon l’agence d’achat média Zenith, les influenceuses et influenceurs sont devenus des partenaires incontournables des marques, partout dans le monde et aussi en Martinique.

Quel est leur rôle exactement ?
Pourquoi séduisent-ils autant les consommateurs d’aujourd’hui ?
Cette nouvelle forme de publicité amène quoi de vraiment différent ?
Peut-elle entraîner des dérives ?


Nous tenterons de répondre à ces questions en compagnie de Katleen BILAS-COPPET (Rédactrice en chef à RCI), Manuel MONDÉSIR (Directeur et fondateur d’awitec) ainsi que de nombreux acteurs en la matière :

    • Karline GUILLAUME (directrice de l’agence de communication et d’événementiel Kféein)
    • Séverine MOUSTIN (maquilleuse professionnelle, créatrice de la marque S Cosmétics)
    • Vanessa PALCY allias Venuzienne (Influenceuse)

    Dans un premier temps nous allons rappeler les données des réseaux sociaux en 2022, puis nous évoquerons la dynamique actuelle autour des plateformes sociales et notamment des influenceurs.

    Tout au long de l’émission, les thématiques suivantes seront abordées :

    Les mercredis connectés saison 1 épisode 9, c’est parti !

     

    Quels sont les réseaux sociaux les plus fréquentés aujourd’hui et combien de temps y passe-t-on en moyenne ?

     

    Manuel MONDÉSIR en réponse à Katleen BILAS-COPPET

    Alors, avant de donner la parole à nos invités, on va refaire avec vous Manuel un point en chiffres sur l’univers des médias et des réseaux sociaux.

    Quels sont les plus fréquentés aujourd’hui et combien de temps y passent en moyenne ?


    Alors il y a un média qui s’appelle YouTube.
    Certains disent que c’est un réseau social, d’autres disent que c’est une plateforme de vidéo en tout cas. C’est le média qui est en tête avec plus de 50% des Français qui s’y connectent tous les mois.
    Après, on va trouver Facebook, Instagram et Snapchat.
    Instagram est à 40% des Français, réunit tous les mois Et puis le petit nouveau depuis deux ans, TikTok qui tire son épingle du jeu avec 20%.
    En ce qui concerne la Martinique, c’est aussi YouTube qui est en tête avec plus de 50%.
    D’ailleurs Instagram devrait bientôt dépasser Facebook.

    Si ce n’est pas encore le cas.

    J’ai produit une étude à ce sujet par territoire que vous pouvez découvrir dès maintenant.

    Découvrez nos études sur les chiffres clés des réseaux sociaux en France, Martinique, Guadeloupe, Guyane et à la Réunion

    En Martinique, TikTok qui pointe son nez avec 15% d’utilisateurs.

    Alors en termes d’usage, on remarque, que selon une étude Médiamétrie, les jeunes sont beaucoup plus connectés.

    Ils ont une durée de surf de plus de 4 heures tous les jours et avec des usages qui sont triples.

    D’ailleurs, ils naviguent sur les réseaux sociaux pendant plus de deux heures, sachant qu’en général les gens ne restent que 45 minutes.

    On peut inclure à ces chiffres les messageries instantanées telles que Whatsapp également.

    Et puis la vidéo avec YouTube.

    À noter, pendant le premier confinement, la durée de surf mobile a augmenté de plus d’1 heure chez les jeunes.

    Selon l’agence de presse et de communication Letfty, 40% des contenus consultés sur les principaux réseaux sociaux proviennent d’un influenceur. Selon cette même agence, on considère comme influenceur tout compte affichant plus de 10 000 followers. 

    On en a justement une avec nous dans ce studio.

    Bonsoir Vanessa Palcy, 40 000 abonnés sur votre compte Instagram Venuzienne, une très bonne moyenne déjà.

    Racontez-nous votre histoire.

    Comment Vanessa Placy est-elle devenue Venuzienne ? 

    Vanessa PLACY raconte son histoire au micro de Katleen BILAS-COPPET

    Eh bien par le plus grand des hasards.

    C’est-à-dire que je vivais autrefois à Bordeaux, où j’ai eu l’occasion de faire des photos, mais c’était vraiment un passe-temps, je veux dire avec mon mari.

    Par la suite, je me suis décidé à m’investir un peu plus sur les réseaux sociaux.

    Mais j’ai été, on va dire booster par quelques campagnes de publicité que j’ai pu faire.

    Enfin, j’ai gagné une certaine visibilité et ça m’a permis justement d’aboutir aujourd’hui à une ce marketing de réseau comme on en parle aujourd’hui.


    En quoi consiste exactement le travail d’influencer ? Doit-on être formé pour cela ?


    Vanessa PLACY partage son retour d’expérience à Manuel MONDÉSIR

    Et bien, je ne dirais pas qu’il y a eu de formation.

    Je commence par là quand même, parce que c’est venu au fur et à mesure du temps. Disons qu’on s’y fait. On utilise des applications, on apprend, on regarde ce qui se fait à côté. 

    On comprend un peu le fonctionnement global des réseaux sociaux et on se prête au jeu.

    Et c’est ce qui m’est arrivé. J’ai effectivement voulu m’intéresser à toutes ces applications et parfaire mon image, mon monde on va dire sur les réseaux que j’ai créé avec ma communauté.

    Aujourd’hui je suis, on va dire une un peu plus aguerrie qu’au départ où je faisais vraiment les choses en “freestyle”.

    Alors justement, votre histoire, c’est un peu souvent celle de tous les influenceurs et influenceuses.

    C’est-à-dire des gens qui avaient au départ un compte Instagram sympa, et puis au fur et à mesure, ils gagnent des abonnés, les marques, les approchent, ils deviennent à proprement parler des influenceurs.

    Est-ce qu’à un moment donné il y a une conscience qui se fait ? Ça y est, je suis une influenceuse et ça change quoi à ce moment dans vos usages ?


    Vanessa PLACY interrogée par Katleen BILAS-COPPET

    Eh bien, je dirais que cette conscience arrive quand on comprend qu’il y a une communauté qui nous fait confiance sur les choix qu’on fait notamment au sujet des marques qu’on utilise.

    On devient une sorte de référence.

    En fait, pour ces personnes qui nous suivent, on se dit qu’on doit quand même prioriser certaines valeurs qui sont chères à cette communauté qui nous suit. 

    Et bien faire attention justement au partenariat que l’on peut avoir et être certain qu’en parallèle de ce qu’on veut prôner que la marque, elle sera à même de pouvoir proposer des produits authentiques et aussi de qualité.

    Donc en fait, il y a toute cette jauge, tous ces paramètres qu’on prend en compte, ce qui n’est pas à négliger. Il y a quand même un travail qui se fait que les gens ne voient pas. Mais un travail de précision quand même. 

    Comment choisissez-vous vos collaborations ?


    Justement, je comprends que ce n’est pas aux plus offrants.

    Nécessairement. Il y a un choix aussi de valeurs éthiques et de valeurs exactes.

    Vanessa PLACY répond à Katleen BILAS-COPPET

    Non, ce n’est pas au plus offrant parce que sinon on se mettra à faire un peu tout et n’importe quoi. Ça dépend effectivement de ce qui a été prévu au préalable avec la marque en termes d’accord pécunier ou j’ai envie de dire ça peut être un avantage en nature.

    Par exemple, cet avantage correspond à une consommation que nous, on a.

    Souvent les partenaires que j’ai choisis sont des partenaires qui me proposent des produits que je consomme régulièrement.

    En partant de ce principe, c’est plus simple pour moi de pouvoir mettre en scène le produit par exemple. Et ainsi, lui donner de la valeur avec le contenu créatif que j’aurais à proposer. 

    Qui fait appel à vous et généralement dans quel but ? Qu’est-ce que la marque recherche quand elle fait appel à vous ?


    Vanessa PLACY se livre à Katleen BILAS-COPPET
     

    Alors qui fait appel à moi ? C’est assez vaste. 

    Je peux avoir tout type de propositions, parfois des propositions qui n’ont rien à voir avec mon univers. Même si pour autant le projet m’intéresse je vais toujours dans le domaine de la mode et de la beauté.

    Donc c’est vrai que je développe aussi la partie. On va dire bien-être en particulier, donc ça va de l’état d’esprit au moment où je vais prendre soin de moi dans ma salle de bain. 

    Donc ça peut être la promotion d’un cosmétique en particulier capillaire aussi, c’est assez vaste.

    Mais, autant on peut se rapprocher dans mon univers comme on peut s’en éloigner.

    Pourtant, je peux utiliser. Certains produits qui de base n’ont rien à voir avec l’univers de la mode, par exemple ou du bien-être et l’intégrer à ma vie. 

    Et à ce moment-là, je sens qu’il y a une réceptivité et là je peux poursuivre. 

    Voilà, c’est assez large en fait.

     

     

    Quel est exactement le business model du marketing d’influence ?

    Manuel MONDÉSIR en réponse à Katleen BILAS-COPPET

    Alors la première chose, c’est l’offre et la demande. S’il y a un influenceur qui est très demandé, il va pouvoir fixer son prix.
    Mais il y a quand même des approches qui existent.

    Alors la première approche qui existe est assez simple, elle est basée sur le nombre d’abonnés.

    Donc globalement, il y avait une métrique, on est  à plus ou moins 10 euros par tranche de mille abonnés.
    Ça, c’est une première approche, donc globalement pour expliquer pour les gens qui nous écoutent, un influenceur qui aurait 10 000 followers, donc 10 000 abonnés, aurait un tarif de cent euros pour une action, pour une publication.

    Deuxième approche, qui est un concept qui est très connu en publicité, qui est le coût pour mille c’est-à-dire le coût pour mille impressions, donc à ce moment-là une marque, une entreprise peut dire je vais vous payer pour un nombre de vues.

    Donc par exemple, pour mille affichages, vous aurez x euros.

    Et puis il y a une autre approche, qui est plutôt pour les annonceurs aguerris, qui est une approche en fait à la performance.
    Donc ce qu’on connaît aussi dans le monde de la publicité qu’on va appeler le coût par action est là pour le coup l’annonceur va dire on est dans un partenariat.

    Ainsi, moi ce qui m’intéresse, c’est de vous donner une rémunération fixe par vente ou carrément en faisons un partenariat, et vous aurez tel pourcentage pour tel chiffre de ventes générées c’est ce qu’on appelle par exemple la filiation en marketing. 

    Dans cette partie nous échangerons avec Caroline Guillaume qui est la directrice de l’agence Kféeine.

    Elle nous partagera ses conseils et son expérience en matière de communication de marketing notamment au sujet du marketing d’influence avec la montée en puissance des influenceurs.

    Bonsoir Caroline Guillaume

    Alors d’abord dites-nous rapidement pour ceux qui ne connaîtraient pas Kféeine, quel type de service vous proposer et à quelle clientèle ? 

    Caroline GUILLAUME questionné par Katleen BILAS-COPPET

    Alors bonsoir à tous, alors l’agence Kféeine est spécialisée en communication et en événementiel.
    Sur la partie événementielle on fait de l’organisation d’événements plutôt professionnelle.

    Sur la partie communication, on accompagne des entreprises sur leur stratégie de communication et la mise en œuvre du plan de communication qui va en découler à l’année. Et c’est justement dans ce cadre qu’on peut avoir à faire appel aux influenceurs dans le cadre d’opérations d’influence marketing.

    Dans quel cas vous faites appel à un influenceur ?

    Est-ce que vous le proposez systématiquement à vos clients, ce type de marketing, d’influence ou est ce que c’est en fonction du client et de sa sensibilité ou du type de marque ?

    Demande Katleen BILAS-COPPET à Caroline GUILLAUME

    Alors ça va être en fonction de l’activité du client.

    Vous avez parlé de domaines, donc les principaux domaines qui sont à la mode. 

    La beauté, le lifestyle et puis les voyages, la déco aussi. 

    Quand on a des clients qui sont dans ces secteurs d’activité et qui sont souvent au stade de création, d’émergence ;  c’est-à-dire où il n’y a pas d’audience, où il y a tout un travail d’acquisition à faire.

    Et ce, aussi bien en notoriété, en clientèle et puis après l’image de marque bien après, il est vrai que faire appel à un influenceur permet d’accroître sur une période très courte de manière intensive l’image de l’entreprise.

    Faire connaître, donner de la visibilité aux produits au service de nos clients va très souvent découler de ces opérations.

    Un vrai apport de chiffre d’affaires, donc des ventes pour le client, ce qui n’est pas négligeable quand on lance une activité. 

    Et c’est vrai qu’aujourd’hui on est plutôt satisfaits, voire très satisfaits de l’ensemble des opérations qu’on mène avec les influenceurs en local, en tout cas en Martinique.

    D’ailleurs, on en fait un peu sur la Guadeloupe et parfois sur la Guyane également.

    Sur quels critères une agence comme la vôtre va choisir un influenceur ?

    S’interroge Katleen BILAS-COPPET au micro de Caroline GUILLAUME

    Alors déjà, on mène déjà un travail en interne à l’agence. 

    C’est qu’on va étudier un peu le marché des influenceurs en local, donc voir un petit peu comment évoluent les influenceurs qui assurent le marché. 

    On va essayer de les sectoriser en fonction de leur domaine d’expertise et leurs centres d’intérêt.

    Ensuite on va évaluer les communautés donc on sait qu’il y a les nanos influenceurs moins de 10 000 abonnés, ensuite les micros, les macros et les influenceurs stars.

    Au niveau des influenceurs stars on n’en a pas beaucoup ici, c’est vraiment plus de 100 000 abonnés. Donc effectivement on va aller répertorier et on va présenter aux clients un peu les univers.

    En tant qu’agence, on est un peu des intermédiaires pour permettre aux clients de voir à quel moment leurs attentes et l’univers des influenceurs peuvent matcher. 

    Chez l’influenceur, généralement, on va surtout regarder le nombre d’abonnés. 

    Mais nous, agence, on va regarder, par exemple,déjà l’univers, la qualité des contenus créés, la créativité, le taux d’engagement…

    On voit qu’au niveau des agences, le nombre d’abonnés arrive en quatrième position dans les critères qu’on va regarder, parce que souvent il y a ces phénomènes de faux comptes, d’abonnés achetés etc.

    Aujourd’hui on a des logiciels qui sont faits pour ça, pour pouvoir un peu démystifier tout ça.
    Et il est vrai qu’on va se dire quelqu’un qui a énormément d’abonnés mais qui va avoir 2 commentaires et 10 likes. On se dit à très peu d’engagement, en fait sa communauté n’est pas intéressée par ce qu’elle propose.

    Donc effectivement, elle a beaucoup d’abonnés, mais on va se poser la question de la crédibilité que vont donner en fait les abonnés à cet influenceur ? 
    Auquel cas ça ne va pas forcément intéresser la marque.
    Parce que nous, ce qui nous intéresse, chez les influenceurs notamment, comme Vanessa PLACY, c’est cette relation de confiance que les influenceurs créés avec leur communauté et ce pouvoir de recommandation.

    Donc quand par exemple, c’est Vanessa qui est là, donc je parle de Vanessa, dernièrement j’ai vu qu’elle parlait de véhicules. Donc, on sait que son audience va peut-être sensible à cette marque car il ne la connaissait pas ou de multiples autres raisons.

    Donc demain si je dois acheter un véhicule, peut-être que je vais me dire j’irai faire un essai, j’irai l’essayer.


    Donc il y a vraiment ce pouvoir de recommandation et c’est vraiment ce qui intéresse les marques.

    Ça fait quelques années que vous avez votre agence de communication est-ce ce que vous avez vraiment remarqué qu’en quelques années, le marché local des influenceurs a explosé ?

    Caroline GUILLAUME s’exprime au micro de Katleen BILAS-COPPET

    Complètement !
    En plus, au début on avait  les annonceurs. Le client était  un peu fébrile en fait, parce que ça a été très nouveau au niveau local, en Martinique, aux Antilles.
    Ce métier d’influenceurs qui a débarqué comme ça, les gens étaient un peu mitigés, il n’était pas forcément en confiance.
    Avant, on payait des médias traditionnels télé radio, alors, payer quelqu’un qui se filme dans sa salle de bain, les gens ne comprenaient pas trop comment on peut prendre dans un budget marketing pour ça.

    Aujourd’hui, nous n’avons plus à convaincre les clients, les gens ont vraiment compris l’impact des campagnes d’influence.
    Désormais, quand quelqu’un veut se faire connaître, quand quelqu’un qui est déjà connu veut lancer une nouvelle collection ou un nouveau produit, on voit tout de suite l’impact d’une communication, d’une action avec les influenceurs.

    Donc aujourd’hui, on n’a pas de débat sur ça.
    La seule interrogation sera au sujet du budget, quels influenceurs on va choisir.
    Actuellement, on peut monter jusqu’à 3 000, 5 000 euros sur un contrat avec un influenceur juste sur une action de communication.

    C’est vrai que c’est un investissement conséquent. 

    En tant qu’agence, en quoi est-ce intéressant pour vous de passer par ce type de collaboration ? 

    Caroline GUILLAUME se confie à Katleen BILAS-COPPET

    Alors oui, parce que nous avons tout ce qu’on va regarder, c’est comment on peut  accompagner le client dans la stratégie de communication globale et on est censés le conseiller, le guider pour qu’ils arrivent à ses objectifs.

    On est vraiment passé par ce canal en fait d’influence marketing comme je le dis, c’est un peu comme si on montait dans un train à grande vitesse au lieu d’être à vélo.

     On va vraiment avoir des retombées parfois qu’on n’a pas forcément avec un média traditionnel. 

    Encore, je parle sur un certain profil, sur certaines activités, certains produits et services et on voit que parfois pour des coûts moindres on a des retours sur investissement qui sont vraiment incroyables.

    Pour l’avoir déjà testé, et le tester chaque mois, on a des opérations d’influence marketing à l’agence pour des clients. Et ça se traduit souvent par des ruptures de stock, ce genre de choses très, très, très souvent.

     

    Dans cette dernière partie, Séverine MOUSTIN nous livrera son témoignage en tant que créatrice de marque (créatrice de S Cosmetics) qui a basé sa stratégie sur le marketing d’influence.

    Vous faites partie de ses clients qui ont misé sur le marketing d’influence.

    C’est l’un de vos leviers principaux de communication.


    En quoi consiste exactement votre stratégie en la matière ?


    Et est ce que vous êtes d’accord avec Karlin Guillaume pour dire que c’est un levier efficace ?

    Demande Katleen BILAS-COPPET à Séverine MOUSTIN

    Alors Bonsoir tout le monde, je suis totalement d’accord avec Karlin ainsi que Manuel.

    C’est très important de travailler maintenant avec des influenceurs.

    Je n’aime pas trop le terme influenceur et parce qu’on est influencé que si on le veut bien. D’ailleurs c’est avec une influence que j’ai commencé à communiquer sur ma marque.

    Ça a été ma première influenceuse et elle m’avait déjà donné certaines informations que c’était  justement, un métier qui était en émergence et qu’on ne connaissait pas.

    On devait être en 2016-2017 quand je parle de ça.

    Personne ne connaît et deux ans après je fais un marketing d’influence ou je fais rentrer 3 influenceuses où je bataille pour pouvoir les faire rentrer parce qu’on s’adresse à des chefs d’entreprise.

    Et parce que j’étais à la recherche de financements et ils ne comprenaient pas trop. 

    En fait, j’ai des proches qui m’ont dit mais à quoi ça te sert ?

    Tu peux vendre des produits partout, tu n’as besoin de personne pour en parler. 

    Selon vous, qu’est-ce qui explique ce succès du marketing d’influence ?

    Est-ce qu’on peut parler des contenus que vous proposez par rapport à ça ? 

    Est-ce que c’est le fait que le client va se projeter et va se voir lui aussi dans la salle de bain ? 

    Vous faites des tutos make-up avec vos influenceurs.

    C’est ça qui crée une proximité et qui fait que le client va acheter plus facilement peut-être qu’une publicité anonyme ?

    S’interroge Katleen BILAS-COPPET au micro de Séverine MOUSTIN

    Alors effectivement, je fais plein de choses.

    Alors effectivement il y a des influenceurs qui font des tutos, j’en fais moi-même sur ma page, on fait aussi des lives où j’interviens et c’est cette proximité en fait avec les consommateurs et consommatrices qui on va désacraliser en fait le sujet.

    On va on va banaliser même l’utilisation d’un produit et montrer à monsieur, madame tout le monde qu’’il peut le faire sans problème.

    Donc oui, c’est totalement ça. 

    Alors Venuzienne, on peut avoir l’impression que tout le monde crée du contenu. 

    En tout cas, il y a de plus en plus de gens qui se lancent dedans. 

    Vous, comment arrivez-vous à vous renouveler dans vos contenus ? Quelle est votre approche ?

    Vanessa Palcy répond à Manuel MONDÉSIR

    Eh bien, le fait que je me découvre en fait au fur et à mesure que j’évolue sur les réseaux sociaux. Je parle de découverte personnelle, c’est qu’en fait j’ai déjà expérimenté des choses que j’ai pu voir au fur et à mesure de mon expérience ce qui plaît, ce qui plaît moins sur les réseaux sociaux.

    Au vu de tout cela, en fait, j’ai bien compris qu’il faut parfois aller chercher un peu plus loin, même là, comment dire l’inspiration ailleurs, pas que dans la Caraïbe et il m’arrive en fait tout simplement de voir un peu en toute transparence ce qui se fait par exemple aux Etats-Unis.

    Voir si effectivement je peux y puiser une sorte de source d’inspiration, mais que je vais toujours adapter à moi-même et à mon univers et le mettre en œuvre.

    Et puis on sent aussi la réceptivité des personnes par rapport à certains sujets, certains styles, certains produits. Et euh, on compose avec tout ça. 

    Donc c’est un tout. C’est une étude de marché qu’on fait en permanence pour pouvoir se renouveler. 

    C’est vrai que vous Séverine MOUSTIN, vous produisez certains contenus vous-même, parce que c’est vraiment une mini-production ce que vous faites pour votre marque. 

    Par semaine, combien de temps consacrez-vous à la création de contenus ?

    Séverine MOUSTIN interrogé par Katleen BILAS-COPPET

    Alors je vais vous dire très sincèrement que pour l’avoir fait maintes et maintes fois, on peut passer toute une journée.

    Quand je dis une journée, on commence à 9 heures et on termine à 18h heures pour tourner peut-être une vidéo, voire deux vidéos et demie, c’est-à-dire qu’on n’a pas fini la troisième.

    C’est justement en m’y mettant que j’ai pu comprendre l’importance des influenceurs et la charge que ça demande en termes de temps. C’est quelque chose qui est chronophage, énergivore.

    C’est, c’est quelque chose de long et de fastidieux. 

    Il faut la bonne lumière, le bon cadre, c’est important. 

    S’il y a un détail qui gêne, il y aura toujours quelqu’un derrière son écran qui va venir pointer du doigt le petit défaut.

    Et là, ça va déclencher des commentaires.

    Oui mais ceci, Ah oui mais ça…

    Je vais vous donner un exemple. J’avais montré dans une de mes vidéos comment fixer des paillettes avec mon fixateur. Il y a quand même quelqu’un qui m’a envoyé le message qui m’a dit c’est très bien la vidéo. D’ailleurs merci pour l’information mais par contre comme je coiffe, le modèle j’aurais pu faire ses nattes alors que quand on regarde les notes du modèle n’ont rien. En fait, elles sont là quoi !

    Et elle a jugé bon de dire qu’elle aurait pu refaire toute sa coiffure…

    Alors justement, vous Karline en tant que chef d’agence vous avez pu superviser des réalisations de spots télé, on imagine que c’est le Graal de la prod et vous faites aussi du contenu d’influence.

    Finalement, c’est aussi très, très exigeant en termes de moyens et de qualité. 

    Oui, surtout en fait pour nous qui avons la casquette agence, parce qu’on va attendre du coup, comme nous sommes des professionnels, un certain niveau de qualité, de créativité.

    Et justement pour rebondir sur ce que disait Séverine au-delà du fait que ça prenne du temps, toute la conceptualisation avant de savoir ce qu’on va faire, la direction artistique, parce que tout le monde créer du contenu sur les réseaux sociaux, même ceux qui ne sont pas influenceurs, créer du contenu.

    Comment vous démarquer de ces milliers voire millions de personnes qui créent du contenu toute la journée ?

    Et donc ça, il y a tout un travail de brainstorming, de créativité à faire avec les vidéastes photographes, on a des réseaux sociaux qui évoluent tout le temps. Donc avant c’était IGTV, maintenant ce sont les Reels, demain ce sera autre chose.

    Donc il y a aussi toute cette mise à jour quasiment permanente à faire et je pense que Vanessa pourra.

    D’ailleurs on en parlait également, c’est-à-dire qu’il faut aussi tout le temps être en formation permanente pour savoir qu’est-ce que l’algorithme va le plus poussée, comme support pour faire les bonnes recommandations aux clients de faire les bons formats. 

    C’est vrai que moi, avec mon œil agence, je vois des choses sur les réseaux.

    Je me dis mais ce n’est pas du tout au bon format quand je vois des personnes mettre en poste des story et inversement. Enfin ce genre de choses.

    Donc c’est vrai que c’est aussi ce que nos clients achètent. 

    C’est notre expertise et on se doit effectivement d’avoir toujours des créations de contenus qui vont être plus créatives, plus qualitatives.

    Il faut toujours être au courant de ce qui se passe.

    Donc, comme disait Vanessa, toujours faire une analyse de ce qui se fait ailleurs et ne pas hésiter à s’inspirer, sans copier bien sûr.

    De manière à pouvoir atteindre les objectifs fixés par nos clients.

    Donc j’ai juste une dernière question pour Vanessa, sujet de ce qui est quand même important. La frontière entre vie privée et vie d’influenceurs très rapidement.

    Moi par exemple je suis mère, donc d’un petit garçon que j’essaie de préserver le plus que possible.

    Et ça, déjà, j’ai eu beaucoup de sollicitations, par exemple de marque, pour pouvoir mettre en avant mon petit. Ne serait-ce que ça. Ça me montre bien en fait que si on ne fait pas attention, on peut très vite basculer vers le côté presque obscur j’ai envie de dire.

    Moi, c’est comme ça que je le vois.
    Bien sûr, chaque personne a sa vision.

    Mais c’est vrai qu’il y a des petites choses comme ça, des paramètres où il faut être vraiment prudent parce que là, on montre beaucoup déjà. Alors si on se met à en montrer trop, ça devient complexe. Il faut se préserver, c’est surtout ça. 

    Alors on arrive au terme de cette émission, c’était très agréable d’échanger avec vous, à mercredi prochain pour de nouvelles actualités sur le digital et les tendances technologiques.

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