SARA, le défi d’une énergie plus respecteuse de l’environnement

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SARA : la raffinerie des Antilles-Guyane innove pour une énergie plus respectueuse de l’environnement

Pendant longtemps, lorsqu’on parlait d’énergie aux Antilles-Guyane, on pensait avant tout au carburant et aux contraintes liées à l’insularité

Et pourtant, aujourd’hui, une entreprise emblématique de nos territoires est en train de se transformer en profondeur. Hydrogène, solaire, carburant durable, intelligence artificielle, désalinisation… 

Des mots que l’on associe plus facilement aux startups qu’à une raffinerie

Olivier COTTA, Directeur Général de SARA, et Michel YP-TCHA, Directeur Stratégie et Transitions, nous révèlent comment la seule raffinerie des Antilles-Guyane relève le défi d’une énergie plus respectueuse de l’environnement tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement de nos territoires.

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SARA : 55 ans au service de la souveraineté énergétique

Un outil industriel unique aux Antilles-Guyane

SARA occupe une place absolument centrale dans l’économie et la sécurité énergétique des territoires ultramarins.

Depuis sa mise en service le 23 janvier 1971, cette raffinerie assure l’approvisionnement en carburants de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane de manière continue et constante.

Cette continuité sur plus d’un demi-siècle témoigne d’une fiabilité exceptionnelle et d’une capacité d’adaptation aux évolutions réglementaires et technologiques.

Olivier COTTA, qui dirige l’entreprise depuis cinq ans, souligne avec fierté une spécificité essentielle :

« SARA est un outil unique, industriel, opéré sur les Antilles et la Guyane et par des Antillais et des Guyanais. Et ça on en est très fiers et on mène le combat pour que ça demeure ainsi. »

Cette dimension locale n’est pas qu’un détail symbolique. Elle garantit que les compétences techniques de haut niveau restent ancrées dans les territoires, que les décisions stratégiques prennent en compte les spécificités locales, et que la valeur créée bénéficie prioritairement aux populations antillo-guyanaises.

L’entreprise emploie aujourd’hui 360 salariés directs, auxquels s’ajoutent au moins autant de sous-traitants répartis sur les trois territoires.

Cette masse d’emplois qualifiés fait de SARA un acteur économique majeur, bien au-delà de sa seule fonction énergétique. Les compétences mobilisées sont extrêmement diverses : ingénierie, maintenance industrielle, logistique, gestion environnementale, sécurité, informatique, finance, ressources humaines.

Cette diversité fait de SARA une véritable école de formation pour les cadres et techniciens antillo-guyanais.

Une particularité française : des prix encadrés par l’État

Une spécificité souvent méconnue distingue SARA des raffineries classiques. Bien qu’il s’agisse d’un outil industriel privé, les prix des carburants qu’elle produit sont encadrés par l’État.

Ce mécanisme de régulation garantit une forme de souveraineté, de stabilité des prix pour les consommateurs, mais aussi d’employabilité et de capacité à investir dans la transition énergétique.

Ce modèle hybride, à mi-chemin entre le marché libre et le service public, permet d’éviter les fluctuations brutales des prix qui affectent d’autres territoires insulaires dépendants des importations.

Il crée également un cadre stable pour les investissements à long terme, essentiels pour mener la transformation vers des énergies plus propres.

La mission essentielle : approvisionner les territoires

Michel YP-TCHA, Directeur Stratégie et Transitions, définit clairement la mission principale de SARA.

L’entreprise doit fournir des carburants conventionnels pétroliers, mais également innovants, pour le développement social et économique des territoires.

Cette mission couvre une gamme complète de produits : essence pour les véhicules routiers, kérosène pour l’aviation, diesel, butane, fioul.

Au-delà de cette production de base, SARA travaille également sur des énergies nouvelles qui permettront progressivement de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Cette double mission – assurer la continuité de l’approvisionnement actuel tout en préparant l’avenir – caractérise la complexité du défi que relève l’entreprise.

La sécurité énergétique : un enjeu géopolitique majeur

Un contexte caribéen de plus en plus instable

La sécurité énergétique n’est pas qu’un concept abstrait pour les Antilles-Guyane. Dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu, la capacité à produire localement ses carburants constitue un atout stratégique majeur.

Olivier COTTA n’hésite pas à évoquer la gravité de la situation actuelle dans la Caraïbe, marquée par des tensions politiques, des crises économiques dans plusieurs pays voisins, et une instabilité générale.

Le fait de disposer d’une raffinerie sur place, avec un accès direct au pétrole brut et une autonomie de production, affranchit les Antilles-Guyane des aléas qui affectent les autres îles de la région.

Cette indépendance énergétique relative permet de continuer à opérer et à approvisionner de façon continue les trois territoires, quelles que soient les turbulences extérieures.

Cette sécurité d’approvisionnement a un prix, mais c’est aussi une forme d’assurance collective.

Dans un monde où les chaînes d’approvisionnement peuvent être perturbées par des événements géopolitiques, climatiques ou sanitaires, la capacité à produire localement devient un avantage compétitif et une nécessité stratégique.

L’autonomie face aux crises

Les récentes années ont démontré l’importance de cette autonomie. Que ce soit lors de la pandémie de Covid-19, des tensions sur les marchés pétroliers internationaux, ou des crises politiques dans certains pays de la Caraïbe, SARA a pu maintenir l’approvisionnement des territoires sans rupture.

Cette continuité de service est essentielle pour l’économie : sans carburant, le transport s’arrête, les entreprises ne peuvent plus fonctionner, les hôpitaux et les services essentiels sont paralysés.

Cette mission de service public de fait, bien que SARA soit une entreprise privée, justifie l’attention particulière portée par les autorités et explique le modèle de prix encadrés.

La sécurité énergétique est une composante essentielle de la souveraineté des territoires.

La diversification énergétique : une nécessité stratégique

Une réflexion engagée depuis 2015

La diversification énergétique de SARA ne date pas d’hier. Dès 2015, sous la direction de Philippe GUY, prédécesseur d’Olivier COTTA, une réflexion stratégique a été engagée sur l’avenir de l’entreprise face aux évolutions réglementaires, environnementales et sociétales.

Cette anticipation, menée avant que la transition énergétique ne devienne une obligation réglementaire pressante, témoigne d’une vision à long terme.

Cette réflexion initiale a exploré un panel large de solutions possibles, en tenant compte des spécificités de chacun des trois territoires, de leurs attentes différentes et de leur acceptabilité variable vis-à-vis des différentes technologies.

La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane ont des contraintes géographiques, climatiques, économiques et sociales distinctes qui nécessitent des approches adaptées.

En 2021, Olivier COTTA a donné une nouvelle impulsion à cette démarche en structurant davantage l’approche, en définissant une stratégie claire et une feuille de route précise.

Cette structuration s’est faite en dialogue constant avec les autorités institutionnelles et administratives, ainsi qu’avec les actionnaires de l’entreprise. C’est dans ce cadre qu’a été créée la fonction de Directeur Stratégie et Transitions, confiée à Michel YP-TCHA.

Les trois piliers de la transition

La stratégie de diversification de SARA repose sur un trépied solide qui articule trois dimensions complémentaires.

Le premier pilier vise à performer à travers la décarbonation, c’est-à-dire à réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre de l’activité existante.

Il ne s’agit pas seulement de respecter les obligations réglementaires, mais d’aller au-delà par engagement volontaire.

Le deuxième pilier consiste à diversifier le portefeuille de produits en développant et en proposant des énergies et des carburants bas carbone.

Cette diversification permet d’ouvrir de nouveaux marchés, de répondre à une demande croissante pour des solutions plus respectueuses de l’environnement, et de préparer l’après-pétrole.

Le troisième pilier vise à transformer l’organisation même de l’entreprise, ses modes de fonctionnement, sa culture, ses processus.

La transition énergétique n’est pas qu’une affaire de technologie, elle implique aussi une transformation humaine et organisationnelle profonde.

SARA, première entreprise industrielle à mission des Outre-mer

En 2023, SARA a franchi une étape symbolique et juridique majeure en devenant société à mission. Cette transformation, prévue par la loi Pacte de 2019, n’est pas qu’un label marketing.

Elle implique une modification des statuts de l’entreprise et crée des obligations juridiques nouvelles.

Devenir entreprise à mission signifie formaliser et inscrire dans les statuts une responsabilité vis-à-vis de l’extérieur et en interne qui dépasse la seule recherche du profit. SARA s’engage ainsi formellement dans plusieurs domaines : la lutte contre le réchauffement climatique, l’amélioration des conditions de travail, la santé, l’éducation.

Ces engagements ne sont plus facultatifs mais obligatoires, et l’entreprise doit rendre compte régulièrement de leur mise en œuvre.

SARA a été la toute première société industrielle des Outre-mer à obtenir cette certification.

Cette reconnaissance témoigne de la crédibilité de la démarche et de la solidité des engagements pris. Elle positionne SARA comme un leader de la transition dans les territoires ultramarins.

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ClearGen : une première mondiale dans une raffinerie

L’hydrogène, molécule d’avenir

L’hydrogène suscite un intérêt croissant comme vecteur énergétique de la transition.

Cette molécule présente des avantages considérables : elle ne produit que de l’eau lorsqu’elle est utilisée dans une pile à combustible, elle peut être stockée et transportée, elle offre une densité énergétique élevée.

Mais elle présente aussi des défis : sa production nécessite beaucoup d’énergie, son stockage est complexe, son transport pose des questions de sécurité.

Pour SARA, l’hydrogène présente une particularité intéressante. Dans le processus de raffinage du pétrole, l’entreprise produit déjà de l’hydrogène de manière « fatale », c’est-à-dire comme sous-produit nécessaire au processus.

Cet hydrogène est utilisé pour désulfurer les carburants, c’est-à-dire pour enlever le soufre de l’essence sans plomb, du diesel et du kérosène, et ainsi rendre ces produits conformes aux normes environnementales.

Mais SARA a identifié d’autres usages possibles pour cet hydrogène déjà disponible.

Plutôt que de se limiter à son utilisation dans le processus de raffinage, l’entreprise a imaginé de le valoriser différemment, notamment pour produire de l’électricité.

ClearGen : transformer l’hydrogène en électricité

Le projet ClearGen représente une innovation mondiale : c’est la première fois qu’une raffinerie dispose d’une unité de transformation de l’hydrogène en électricité directement sur son site.

Cette pile à combustible d’une puissance de 1 mégawatt (MW) peut produire suffisamment d’électricité pour alimenter entre 1000 et 1200 foyers martiniquais de manière continue.

L’intérêt de cette installation est multiple. D’abord, elle permet de produire une électricité bas carbone en continu, contrairement aux énergies renouvelables intermittentes comme le solaire ou l’éolien.

Cette continuité est précieuse dans un mix énergétique qui doit garantir une alimentation stable du réseau électrique.

Ensuite, elle valorise un produit déjà présent sur le site plutôt que d’importer de nouvelles ressources.

Cette économie circulaire à l’échelle de l’installation industrielle optimise l’utilisation des ressources disponibles.

Enfin, elle démontre la faisabilité technique et économique d’une technologie encore peu répandue, particulièrement dans le contexte climatique et réglementaire des Antilles.

Ce démonstrateur grandeur nature permet de tester la résistance des équipements aux conditions tropicales, leur fiabilité dans la durée, leur rentabilité économique.

Une responsabilité industrielle

Olivier COTTA insiste sur la dimension de responsabilité qui motive ces investissements dans l’innovation. SARA est l’une des seules véritables industries des Antilles-Guyane.

À ce titre, elle dispose de compétences techniques de très haut niveau, portées par des Antillais et des Guyanais. Ces compétences créent un devoir : celui d’être à la pointe de la recherche et de l’innovation dans le domaine énergétique.

Cette responsabilité implique d’aller chercher sur le terrain ce qui se fait de mieux, d’expérimenter les technologies prometteuses, de tester leur applicabilité aux conditions locales.

C’est aux équipes de SARA, qui ont le savoir-faire et les moyens, de travailler pour construire leur propre avenir plutôt que d’attendre passivement que des solutions viennent de l’extérieur.

Cette approche proactive de l’innovation constitue selon Olivier COTTA « le plus beau des modèles » qu’une entreprise puisse mettre en place : mobiliser ses compétences internes pour imaginer et construire son futur.

Green Rotor : le désalement au service de la ressource en eau

Un enjeu majeur : la consommation d’eau

Au-delà de l’énergie, SARA fait face à un autre défi environnemental majeur : sa consommation d’eau.

L’entreprise est l’un des plus gros consommateurs d’eau des territoires, et cette consommation répond à deux besoins essentiels.

D’abord, le processus de raffinage lui-même nécessite de grandes quantités d’eau pour le refroidissement, la production de vapeur, le nettoyage des équipements.

Ensuite, la lutte contre l’incendie exige de maintenir en permanence des réserves considérables d’eau pour permettre aux pompiers d’intervenir efficacement en cas d’incident.

Cette consommation massive pèse sur le réseau hydrique des territoires, particulièrement en Martinique où la raffinerie est implantée. Dans un contexte de stress hydrique croissant, lié au changement climatique et à l’augmentation de la consommation, cette pression sur la ressource en eau potable n’est pas tenable à long terme.

Le projet Green Rotor

Le projet Green Rotor apporte une solution élégante à cette problématique : désaliniser l’eau de mer à proximité de la raffinerie et des différents terminaux pour répondre aux besoins industriels.

Cette approche permet de soulager considérablement le réseau d’eau potable en prélevant directement dans une ressource abondante, la mer, plutôt que de concurrencer les besoins de la population.

Le projet produit quotidiennement 600 000 litres d’eau désalinisée utilisable dans les process industriels.

Cette quantité représente exactement l’eau que SARA n’a plus besoin de prélever sur le réseau public, libérant ainsi cette ressource pour d’autres usages, notamment la consommation domestique.

Cette technologie de désalement, que l’on associe souvent aux pays du Golfe comme les Émirats Arabes Unis, est donc opérationnelle en Martinique, répondant à un besoin concret et contribuant à la gestion durable de la ressource en eau.

Une logique de sobriété et d’efficience

Le projet Green Rotor s’inscrit dans une logique plus large de sobriété et d’efficience dans l’utilisation des ressources naturelles. Plutôt que de simplement consommer les ressources disponibles jusqu’à épuisement, l’approche consiste à identifier des solutions techniques qui permettent de maintenir l’activité industrielle tout en réduisant son impact environnemental.

Cette démarche pourrait inspirer d’autres industries des territoires ultramarins, confrontées à des contraintes similaires d’accès aux ressources (eau, énergie, matières premières). La mutualisation de technologies de désalement pourrait par exemple permettre de développer une filière locale de traitement de l’eau.

Solar Ray et les carburants durables : diversifier le mix

Le solaire : une évidence sous les tropiques

Dans des territoires bénéficiant d’un ensoleillement exceptionnel toute l’année, le développement du solaire semble une évidence. Pourtant, son déploiement à grande échelle se heurte à plusieurs difficultés : l’intermittence de la production (pas d’électricité la nuit), le besoin de stockage, l’occupation foncière importante, les contraintes liées aux cyclones.

SARA a néanmoins lancé plusieurs projets de solarisation de ses bâtiments et installations. Ces projets, regroupés sous le nom de Solar Ray, visent à produire de l’électricité solaire sur différents sites pour réduire la consommation d’électricité du réseau et l’empreinte carbone de l’entreprise.

Au-delà de l’aspect énergétique, ces installations constituent aussi des démonstrateurs de la résistance des équipements solaires aux conditions tropicales. La chaleur intense, l’humidité élevée, les embruns salins, les vents violents lors des cyclones sont autant de contraintes qui testent la robustesse des technologies.

Les carburants durables : décarboner le cœur de métier

Michel YP-TCHA insiste sur un point essentiel : SARA doit décarboner son outil de production, la raffinerie elle-même. Il ne suffit pas de développer des activités bas carbone à côté du cœur de métier, il faut transformer ce cœur de métier pour le rendre plus durable.

Cette transformation passe notamment par le développement de carburants durables, qui émettent moins de gaz à effet de serre que les carburants pétroliers conventionnels. Ces carburants peuvent être produits à partir de biomasse, de déchets organiques, ou par des processus chimiques utilisant des énergies renouvelables.

L’enjeu est de taille : comment continuer à répondre à la demande de carburants pour le transport (qui ne va pas disparaître du jour au lendemain) tout en réduisant drastiquement les émissions de CO2 ?

Les carburants durables représentent une solution de transition, permettant d’utiliser les infrastructures existantes (véhicules, stations-service, réseaux de distribution) tout en améliorant le bilan environnemental.

Une philosophie : la pluralité des solutions

Michel YP-TCHA défend une approche pragmatique et ouverte. SARA est favorable à ce qu’il n’y ait pas qu’une seule solution mais une pluralité de solutions énergétiques sur les trois territoires. Chaque technologie a ses avantages et ses limites, et c’est la combinaison intelligente de plusieurs solutions qui permettra d’atteindre les objectifs de transition.

Cette approche tient compte des réalités concrètes : contraintes environnementales (cyclones, chaleur, humidité), contraintes techniques (disponibilité des équipements, compétences locales), contraintes logistiques (import de technologies, maintenance), contraintes économiques (coût des investissements, rentabilité des projets).

Le mix énergétique de demain sera nécessairement diversifié, combinant solaire, hydrogène, biomasse, géothermie peut-être, et encore des énergies fossiles pendant la période de transition. L’art de la stratégie énergétique consiste à orchestrer ces différentes sources de manière cohérente et efficace.

IG et JAR-HY : l’hydrogène pour la mobilité en Guadeloupe

IG : de l’électricité solaire à l’hydrogène

En Guadeloupe, SARA participe activement à deux projets majeurs dans le domaine de l’hydrogène pour la mobilité. Le premier, IG, est un projet collectif dans lequel SARA détient 30% du capital aux côtés d’autres acteurs locaux. Ce projet vise à produire de l’hydrogène à partir d’électricité solaire selon un processus en plusieurs étapes.

D’abord, des panneaux solaires produisent de l’électricité. Cette électricité est ensuite utilisée pour électrolyser de l’eau, c’est-à-dire pour séparer les molécules d’eau (H2O) en hydrogène (H2) et oxygène (O2). L’hydrogène ainsi produit est alors comprimé et stocké pour être distribué comme carburant pour des véhicules à pile à combustible.

Cette chaîne complète permet de produire un carburant totalement décarboné : l’électricité de départ est renouvelable (solaire), le processus ne produit que de l’oxygène comme sous-produit, et l’utilisation finale dans les véhicules ne rejette que de l’eau. Le bilan carbone global est donc excellent, même si le rendement énergétique (quantité d’énergie finale par rapport à l’énergie initiale) reste un défi.

Le projet IG cible particulièrement la mobilité lourde : bus de transport en commun, poids lourds, véhicules utilitaires. Ces véhicules, qui parcourent de longues distances et nécessitent des temps de ravitaillement courts, sont particulièrement adaptés à l’hydrogène, contrairement aux véhicules légers pour lesquels l’électrique à batterie est souvent plus pertinent.

JAR-HY : un démonstrateur opérationnel

Le second projet, JAR-HY (pour hydrogène), est déjà opérationnel depuis deux ans et demi. Il s’agit d’une station autonome qui produit de l’hydrogène pour la mobilité, implantée sur le terminal de Jarry en Guadeloupe.

SARA utilise deux véhicules hydrogène de marque japonaise pour transporter son personnel au sein du terminal. Ces véhicules constituent un démonstrateur réel qui permet de tester plusieurs dimensions critiques : la fiabilité de la technologie dans les conditions tropicales, l’autonomie réelle des véhicules, les contraintes de ravitaillement, les coûts d’exploitation, l’acceptabilité par les utilisateurs.

Cette approche pragmatique du « test and learn » (tester et apprendre) est caractéristique de la stratégie de SARA. Plutôt que de déployer massivement une technologie non éprouvée localement, l’entreprise préfère expérimenter à petite échelle, comprendre les défis spécifiques, ajuster les solutions, puis éventuellement passer à une échelle supérieure.

L’adaptation au climat : un enjeu critique

Olivier COTTA insiste sur un point souvent négligé dans les discussions sur la transition énergétique : l’adaptation des technologies au climat tropical. Les Antilles-Guyane ne sont pas l’Europe ou l’Amérique du Nord. Les contraintes climatiques y sont radicalement différentes : chaleur constante, humidité élevée, exposition aux cyclones, salinité de l’air.

Ces contraintes peuvent affecter considérablement la performance et la durabilité des équipements. Une technologie qui fonctionne parfaitement en Europe peut rencontrer des problèmes majeurs sous les tropiques : corrosion accélérée, surchauffe des électroniques, dégradation des matériaux, vulnérabilité aux vents violents.

C’est précisément pour tester cette adaptation que SARA exploite ces deux véhicules hydrogène en Guadeloupe. L’objectif n’est pas seulement de démontrer que la technologie fonctionne en théorie, mais de vérifier qu’elle est réellement robuste et fiable dans les conditions réelles d’utilisation aux Antilles.

Sargasol : transformer un fléau en ressource

Les sargasses : une catastrophe écologique croissante

Les sargasses constituent l’un des fléaux environnementaux majeurs des Caraïbes ces dernières années. Ces algues brunes, qui arrivent en quantités massives sur les côtes, créent de multiples problèmes : pollution des plages, dégradation du tourisme, émissions toxiques lors de leur décomposition (notamment de l’hydrogène sulfuré qui sent l’œuf pourri et peut être dangereux pour la santé), impact sur les écosystèmes marins.

L’ampleur du phénomène est alarmante. Alors qu’on estimait à environ 5 millions de tonnes la quantité de sargasses dans la mer des Caraïbes en 2015, ce chiffre était passé à 20 millions de tonnes en 2022. Cette explosion témoigne d’un dérèglement écologique profond, probablement lié au réchauffement climatique, à l’enrichissement des eaux en nutriments, et à d’autres facteurs encore mal compris.

Face à ce défi, les territoires ont d’abord tenté des approches de gestion de crise : ramassage sur les plages, enfouissement, compostage. Mais ces solutions sont coûteuses, partielles, et ne traitent pas le problème à la source. D’où l’intérêt de rechercher des solutions de valorisation qui permettraient de transformer ce déchet en ressource.

Le projet Sargasol : un consortium de recherche

Le projet Sargasol a été lancé dans le cadre d’un appel d’offres de recherche conjoint entre l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) et l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), baptisé Sargassum III. Cet appel visait spécifiquement à trouver des solutions concrètes de réutilisation des sargasses applicables aux réalités des territoires ultramarins.

SARA a concouru dans le cadre d’un consortium rassemblant plusieurs acteurs complémentaires : des entreprises industrielles locales, des laboratoires de recherche de France hexagonale, le Grand Port Maritime de Guyane, et d’autres partenaires. Cette approche collaborative permet de combiner les compétences scientifiques des laboratoires, le savoir-faire industriel de SARA, la connaissance du terrain des acteurs locaux.

L’objectif du projet est ambitieux : produire des biocarburants à partir des sargasses. Concrètement, il s’agit de transformer la biomasse constituée par ces algues en carburant utilisable dans les moteurs existants, notamment pour le transport maritime ou terrestre.

Les premiers résultats encourageants

Michel YP-TCHA annonce avec fierté que le projet a franchi une étape symbolique mais importante : la production du premier litre de biocarburant à titre expérimental en laboratoire. Cette réussite démontre la faisabilité technique du concept. Il est possible, chimiquement et biologiquement, de transformer les sargasses en carburant.

Bien sûr, le chemin entre un litre produit en laboratoire et une filière industrielle capable de traiter des millions de tonnes est encore long. Les prochaines étapes consisteront à passer à une phase un peu plus industrielle dans les mois et années à venir, à optimiser les procédés, à réduire les coûts, à vérifier la qualité du carburant produit, à évaluer la rentabilité économique.

Une vision d’économie circulaire caribéenne

Olivier COTTA porte une vision particulièrement ambitieuse pour ce projet. Au-delà de la simple valorisation d’un déchet, il imagine une véritable filière économique structurée autour des sargasses. Si le projet atteint sa maturité industrielle, il pourrait générer de multiples bénéfices pour les territoires.

D’abord, une réduction significative de la nuisance : ramasser les sargasses en mer avant qu’elles n’arrivent sur les côtes, ou les collecter massivement sur les plages pour les valoriser, permettrait de limiter leur impact négatif.

Ensuite, le développement de nouvelles filières économiques : des entreprises de collecte maritime, similaires aux entreprises de pêche mais spécialisées dans le ramassage des sargasses, pourraient voir le jour. Cette activité créerait des emplois, valoriserait des compétences maritimes, générerait des revenus.

Enfin, une forme d’autonomie énergétique par l’éco-circularité : produire du carburant localement à partir d’une ressource locale (même si c’est un déchet) plutôt que d’importer du pétrole brut de l’autre bout du monde représenterait une avancée majeure en termes de souveraineté énergétique et d’empreinte carbone.

Cette vision illustre parfaitement la philosophie de SARA : ne pas subir les contraintes mais les transformer en opportunités, mobiliser les compétences techniques pour résoudre les problèmes locaux, construire un avenir durable ancré dans les réalités du territoire.

L’intelligence artificielle au service de l’industrie

Une opportunité à saisir avec discernement

La question de l’intelligence artificielle se pose désormais pour toutes les entreprises, y compris les industries lourdes comme SARA. Olivier COTTA adopte une posture équilibrée : considérer l’IA comme une opportunité plutôt qu’une menace, tout en restant lucide sur les risques et les défis.

Le principe de base est clair : toute nouveauté est potentiellement une opportunité qu’il faut explorer. Mais cette exploration doit se faire avec méthode, prudence et intelligence. L’Hexagone, les États-Unis, l’Asie ont une longueur d’avance considérable sur l’IA. SARA doit rattraper ce retard, mais sans précipitation, en adaptant les technologies aux contraintes spécifiques de l’entreprise.

Les enjeux de cybersécurité

Un point de vigilance majeur concerne la cybersécurité. Une raffinerie est une installation classée Seveso, c’est-à-dire présentant des risques industriels majeurs. La sécurité de ses systèmes informatiques est donc critique. Une cyberattaque réussie pourrait avoir des conséquences catastrophiques : arrêt de la production, pollution, explosion, mise en danger des personnels et des populations.

L’intégration de l’IA dans les systèmes de pilotage de la raffinerie doit donc se faire avec des garde-fous extrêmement stricts. Il ne faut pas tout verrouiller par peur, mais il ne faut pas non plus ouvrir inconsidérément des portes à des technologies dont on ne maîtrise pas tous les aspects sécuritaires.

Le rôle du Directeur Général, selon Olivier COTTA, est de mettre en place une gouvernance claire qui permette de définir de quelle manière SARA va intégrer l’IA de façon vertueuse. Cette gouvernance doit identifier les cas d’usage pertinents, évaluer les risques, définir les règles d’utilisation, former les équipes, mesurer les résultats.

Les applications concrètes de l’IA chez SARA

Michel YP-TCHA décrit l’approche pragmatique adoptée par SARA : expérimenter à petite échelle pour comprendre, pour appliquer et pour en tirer des leçons. Cette méthodologie du « test and learn » permet de découvrir progressivement le potentiel de l’IA sans prendre de risques inconsidérés.

Plusieurs domaines d’application sont explorés. Le premier concerne la maintenance prédictive des équipements. La raffinerie compte des milliers de machines tournantes : pompes, turbines, moteurs, compresseurs. L’IA peut analyser les données de fonctionnement de ces machines (vibrations, températures, consommations, bruits) pour détecter les signes avant-coureurs de pannes. Cette détection précoce permet d’intervenir avant la casse, réduisant les coûts de maintenance et évitant les arrêts imprévus de production.

Le deuxième domaine concerne l’automatisation de tâches administratives répétitives et fastidieuses pour l’être humain. L’IA peut traiter automatiquement certains documents, extraire des informations de bases de données complexes, générer des rapports, optimiser des plannings. Ces applications, moins spectaculaires que le pilotage de processus industriels, apportent néanmoins des gains de productivité significatifs.

Le troisième domaine explore l’amélioration de la gestion des données (la « data »). SARA a mis en place un nouvel outil de gestion intégrée de l’entreprise (ERP – Enterprise Resource Planning). L’IA peut être intégrée à cet outil pour consolider les données de manière plus intelligente, détecter des incohérences, suggérer des optimisations, produire des analyses prédictives.

Tous ces cas d’usage visent à rendre SARA plus rapide, plus performante, plus résiliente, avec un devenir positif pour les équipes qui peuvent se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.

Pour les professionnels souhaitant maîtriser ces outils d’IA et les intégrer dans leurs processus quotidiens, la formation « Gagnez 2 heures au quotidien avec l’IA » d’awitec permet de découvrir comment automatiser efficacement les tâches répétitives et libérer du temps pour l’essentiel.

Claude Cowork : les agents IA arrivent

Une révolution dans l’interaction avec l’IA

L’intelligence artificielle connaît une évolution rapide, et l’une des innovations les plus significatives récentes concerne ce qu’on appelle les « agents IA« . Contrairement aux IA conversationnelles classiques où l’utilisateur doit guider en permanence l’IA pas à pas, les agents IA peuvent recevoir une mission globale et la mener de manière relativement autonome.

Claude Cowork, développé par Anthropic, représente l’une des premières applications grand public de ce concept d’agent IA. Désormais disponible en version live pour tous les utilisateurs disposant d’un abonnement payant, cet outil transforme radicalement la manière dont on peut utiliser l’IA au quotidien.

Le principe : confier une mission, pas des instructions

La différence fondamentale avec une IA conversationnelle classique tient à l’autonomie accordée à l’outil. Plutôt que de donner une série d’instructions détaillées (« fais ceci, puis cela, ensuite autre chose »), l’utilisateur définit un objectif global et laisse l’IA déterminer elle-même les étapes nécessaires pour l’atteindre.

C’est exactement comme confier une mission à un collaborateur humain. On lui explique ce qu’on attend comme résultat final, on lui donne accès aux ressources nécessaires, et on le laisse travailler de manière autonome, en ne demandant que des validations aux étapes critiques.

Cette approche est particulièrement pertinente pour des tâches complexes qui nécessitent plusieurs étapes, des choix intermédiaires, une adaptation aux contraintes rencontrées. L’IA peut explorer différentes pistes, tester des solutions, revenir en arrière si nécessaire, tout en gardant l’utilisateur informé de sa progression.

Un exemple concret : le rangement de fichiers

Une démonstration particulièrement parlante de Claude Cowork concerne l’organisation de fichiers. Beaucoup de personnes accumulent des centaines ou milliers de fichiers dans leur dossier de téléchargements, sans jamais prendre le temps de les trier et de les ranger correctement. Cette tâche, bien que simple conceptuellement, est fastidieuse et chronophage.

Avec Claude Cowork, il suffit de donner la mission : « Organise tous les fichiers de mon dossier téléchargements. Inspecte chaque fichier, comprends de quoi il s’agit, renomme-le de manière cohérente, crée des sous-dossiers par catégorie, et range tout ça sur le bureau. »

L’IA va alors travailler de manière autonome. Elle va d’abord demander l’autorisation d’accéder aux fichiers (pour des raisons de sécurité). Puis elle va analyser le contenu du dossier, identifier les différents types de fichiers (factures, photos, documents, vidéos, etc.), comprendre leur contenu, créer une structure de dossiers logique, renommer les fichiers selon une convention cohérente (par exemple « Facture_Microsoft_Janvier_2025.pdf »), et déplacer chaque fichier au bon endroit.

Pendant ce processus, l’IA explique ce qu’elle fait, étape par étape, permettant à l’utilisateur de suivre la progression et d’intervenir si nécessaire. Une fois la mission terminée, l’utilisateur retrouve un dossier parfaitement organisé, sans avoir eu à traiter manuellement chaque fichier.

Les implications pour le travail

Cette technologie d’agents IA a des implications profondes pour l’organisation du travail. Des tâches qui prenaient des heures peuvent désormais être déléguées à l’IA et réalisées en quelques minutes. Le temps ainsi libéré peut être consacré à des activités à plus forte valeur ajoutée : réflexion stratégique, créativité, relations humaines.

Mais cette automatisation soulève également des questions importantes. Quelles sont les limites à poser ? Quels types de tâches peut-on déléguer sans risque ? Comment garantir la confidentialité des données manipulées par l’IA ? Comment former les équipes à utiliser efficacement ces outils sans devenir dépendantes ?

Ces questions sont précisément celles qu’Olivier COTTA veut adresser en mettant en place une gouvernance claire de l’IA chez SARA. Il s’agit de bénéficier des opportunités tout en gérant les risques de manière responsable.

SARA, acteur de la transition énergétique caribéenne

Un paradoxe fécond

L’histoire de SARA illustre un paradoxe fécond : comment une raffinerie de pétrole, symbole de l’économie fossile, peut devenir un acteur majeur de la transition énergétique. Loin de nier son cœur de métier ou de chercher à se reconvertir totalement du jour au lendemain, SARA assume pleinement sa mission actuelle tout en construisant méthodiquement l’avenir.

Cette double posture – performer sur le cœur de métier tout en diversifiant vers de nouvelles énergies – constitue sans doute le seul chemin réaliste pour une transition réussie. Les territoires auront encore besoin de carburants fossiles pendant des années, voire des décennies. Il serait irresponsable de fragiliser l’approvisionnement au nom d’une transition trop brutale.

Des projets concrets, pas des annonces

Ce qui frappe dans l’approche de SARA, c’est le caractère concret et opérationnel des projets présentés. Il ne s’agit pas d’annonces marketing ou de green washing, mais de réalisations tangibles : ClearGen produit effectivement de l’électricité, Green Rotor désalinise réellement 600 000 litres d’eau par jour, JAR-HY fait rouler des véhicules depuis deux ans et demi, Sargasol a produit son premier litre de biocarburant.

Cette approche pragmatique du « test and learn » permet d’avancer progressivement, de comprendre les défis réels, d’adapter les solutions, de construire les compétences nécessaires. Elle évite les écueils des projets pharaoniques qui ne voient jamais le jour ou des technologies inadaptées au contexte local.

Le rôle central des compétences locales

Un fil rouge traverse tous ces projets : la volonté de mobiliser et de développer les compétences antillo-guyanaises. SARA ne se contente pas d’importer des technologies clés en main, l’entreprise forme ses équipes, expérimente, adapte, innove localement.

Cette approche est essentielle pour plusieurs raisons. D’abord, elle garantit que les emplois qualifiés restent sur les territoires plutôt que d’être externalisés. Ensuite, elle développe un savoir-faire local qui peut ensuite bénéficier à d’autres acteurs. Enfin, elle assure que les solutions déployées sont réellement adaptées aux contraintes locales plutôt que plaquées artificiellement.

Une société à mission qui s’engage

Le statut de société à mission n’est pas qu’un label. Il engage juridiquement SARA à poursuivre des objectifs qui dépassent la seule rentabilité financière. Cette formalisation crée une responsabilité vis-à-vis des territoires, de l’environnement, des générations futures.

Les projets présentés – de l’hydrogène aux biocarburants en passant par le désalement – s’inscrivent tous dans cette logique de responsabilité élargie. Ils visent à réduire l’empreinte environnementale, à sécuriser l’approvisionnement énergétique, à développer des filières locales, à créer des emplois qualifiés, à former les jeunes générations.

Les défis qui demeurent

Malgré ces avancées, des défis majeurs subsistent. Le financement de ces innovations représente des investissements considérables, dont la rentabilité n’est pas toujours évidente à court terme. L’acceptabilité sociale de certaines technologies (notamment l’hydrogène, perçu comme dangereux par certains) nécessite un travail pédagogique important. La réglementation, souvent pensée pour des contextes européens ou nord-américains, n’est pas toujours adaptée aux spécificités ultramarines.

Les contraintes climatiques (cyclones, chaleur, humidité) imposent des surcoûts et des adaptations technologiques. L’étroitesse des marchés locaux limite les économies d’échelle. La dépendance aux importations pour certains équipements et technologies crée une vulnérabilité.

L’importance de l’accompagnement et de la formation

Pour accompagner cette transformation et développer les compétences nécessaires à la transition énergétique, Awitec propose un catalogue complet de formations adaptées aux besoins des professionnels et des entreprises des territoires ultramarins. Du marketing digital à l’utilisation de l’intelligence artificielle, en passant par la gestion de projet et l’optimisation des processus, ces formations permettent aux acteurs locaux de développer leur expertise et de réussir leur transition.

La formation continue est essentielle dans un monde en transformation rapide. Les technologies évoluent, les réglementations changent, les attentes sociétales se transforment. Les professionnels qui ne se forment pas régulièrement prennent le risque de devenir obsolètes. Mais au-delà des compétences techniques, la formation joue aussi un rôle de réseau, de lieu de rencontre, d’espace de partage et d’inspiration.

Un message d’espoir et d’action

Le message porté par Olivier COTTA et Michel YP-TCHA est fondamentalement optimiste. La transition énergétique n’est pas une contrainte subie mais une opportunité à saisir. Elle n’est pas réservée aux startups high-tech mais accessible aux industries traditionnelles qui acceptent de se transformer. Elle ne nécessite pas d’abandonner son cœur de métier mais de le faire évoluer intelligemment.

Les Antilles-Guyane disposent d’atouts considérables pour réussir cette transition : un ensoleillement exceptionnel, des ressources maritimes abondantes, une position géographique stratégique, des compétences techniques de haut niveau, une culture de l’innovation et de l’adaptation. SARA, par son rôle central dans l’écosystème énergétique, a une responsabilité particulière pour mobiliser ces atouts et construire l’avenir énergétique des territoires.

L’entreprise ne prétend pas avoir toutes les solutions, mais elle s’engage à explorer, expérimenter, innover, partager. Cette démarche collaborative, qui associe recherche publique, entreprises privées, autorités locales et compétences internationales, constitue sans doute la meilleure voie pour relever les défis complexes de la transition énergétique.

Au final, l’histoire de SARA démontre qu’il est possible de concilier performance économique, responsabilité environnementale et développement social. Cette conciliation ne se fait pas sans tensions ni contradictions, mais elle trace un chemin praticable vers un avenir énergétique plus durable pour les Antilles-Guyane.

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